jeudi 25 février 2010

Echo de Ingrid Desjours







Résumé:

Le star-system est en deuil depuis que les frères Vaillant, présentateurs adulés de l'émission du moment, ont été sauvagement assassinés.
Appelée en renfort auprès du commandant Vivier, l'experte en sexo-criminologie Garance Hermosa établit vite que le crime, obéissant à un obscur rituel, est l'oeuvre d'un esprit particulièrement sadique et torturé. Mais dans cet univers de strass et de paillettes où les volontés de nuire sont légion, tous ceux que croisent le policier et sa collaboratrice ont une personnalité assez perverse pour être suspects.
Afin de démasquer le meurtrier, la jeune profiler à la vie chaotique devra s'en faire le miroir. Au risque d'épouser sa folie et de plonger au coeur du mal...


L'avis de Dup:

La magie du thriller bien mené! Dès les premières lignes on est happé, on retient son souffle et on déglutit, car il faut parfois s'accrocher pour encaisser certains passages...mais c'est trop tard on est scotché, on veut savoir!
Des chapitres courts qui donnent un rythme trépidant, alternent d'une part le journal d'un enfant victime de violence physiques et morales, et d'autre part le suivi de l'enquète sur le crime sordide de jumeaux, présentateurs d'une émission de télé, eux-mêmes bien pervers de leurs vivants.
Un commissaire, non pardon, aujourd'hui on dit un commandant, la cinquantaine, légèrement désabusé, et complètement sous le charme de la collaboratrice que son supérieur lui a imposé.
Une profiler, experte en sexo-criminologie, intelligente et diablement sexy, mais torturée elle aussi. Une vraie psychologue quoi! Elle analyse tout, la moindre attitude, la moindre réflexion, retourne et manipule ses interlocuteurs à sa guise et il n'y a pas que les suspects qui en font les frais...pauvre commissaire!
On nage dans la perversion, et pourtant l'auteur sait nous dérider quand il faut avec de l'humour dans les dialogues
Que va donner cette sauce?
Et surtout, cet enfant, de qui s'agit-il?

Ingrid Desjours manipule à merveille ses personnages mais aussi le lecteur qui se fait berner de chapitre en chapitre. Elle joue avec nos nerfs, distille avec parcimonie des éléments discrets, même pas des indices, qui soudain éclaire l'enquète et nous précipite sur une fausse piste! Je me suis faite rouler dans la farine jusqu'au bout, vraiment je ne m'attendais pas du tout à l'identité du meurtrier!
Je tire un grand coup de chapeau à cette jeune auteur, c'est son premier livre et je sais que je serai au rendez-vous pour le suivant! Je le conseille à tous les amateurs du genre.

Edité chez Plon: 19 euros

La Ronce d'Or de J.V. Jones tome 1: Les motifs de l'ombre



Quatrième de couverture:

Le royaume de la Ronce d'Or est dominé par le sanguinaire roi Izgard de Garizon.
Dans sa cité portuaire de Bay'Zell, trois destins vont se croiser : celui de Tessa, parachutée par enchantement depuis notre monde après avoir découvert une mystérieuse bague ; celui de Ravis, ancien mercenaire du roi qui cherche à s'embarquer dans le premier bateau en partance ; et celui de Camron de Thorn, qui brûle de venger son père assassiné par les harras d'lzgard, des soldats d'élite que la sorcellerie a réduits à l'état de fauves.
Trois personnes réunies comme à dessein, comme les lignes d'une enluminure...


L'avis de Phooka:

Un monde en guerre (ou qui va bientôt l’être), cinq personnages : Tessa tombée dans ce monde suite à un concours de circonstances, Ravis, baroudeur, aventurier et mercenaire, Camron, noble un peu trop sûr de lui qui va apprendre l’humilité, Izgard tyran sans pitié qui veut dominer le monde avec l’aide de son scribe/sorcier.
Que des personnages somme toute classiques en Fantasy…
On pourrait retrouver ce genre de schéma dans beaucoup de romans du genre. mais là où J.V. Jones se démarque des autres c'est par son concept de la sorcellerie et par la façon dont elle construit son roman en suivant les principes des sorciers de son histoire...En effet, dans La ronce d'Or, la sorcellerie ne se fait pas à grand coup de sorts et de baguette magique, ni même à base de potion, mais elle se dessine et elle se glisse dans les dessins des enluminures. Les sorciers sont donc avant tous des enlumineurs (mais tous les enlumineurs ne sont pas des sorciers) et au fil de leurs coups de pinceaux ils déploient leur magie. Ainsi le sorcier de Izgard va t'il transformer les armées de son roi en monstres assoiffés de sang. Tessa, elle est une enlumineuse née, et elle va découvrir par hasard que elle aussi peut devenir une "sorcière". Elle sera aidée dans cette tâche par deux hommes, un mercenaire (Ravis) et un jeune noble voulant venger son père assassiné par Izgard.
Dans cette histoire, c'est vraiment le destin de Tessa qui m'a le plus fasciné! Son apprentissage de l'enluminure par Emith, loin des champs de bataille est encore plus passionnant que les aventures de Ravis et Camron. On suit ses progrès, on se doute de ce qu'elle sera capable de faire, et on guète le moment où elle prendra conscience de son pouvoir! La tout dans une débauche de couleurs et avec une précision de calligraphiste, clairement l'auteur s'est beaucoup documentée sur les enluminures et ça rend le récit encore plus surprenant!
On sait finalement assez peu de choses sur le monde en lui-même. Jones ne perd pas de temps à planter le décor avec mille détails. On en sait bien suffisamment pour imaginer le monde dans lequel évolue les héros de l'histoire, mais l'auteur se concentre surtout sur ses personnages (parfois d'ailleurs de façon un peu caricaturale, Ravis et sa cicatrice m'agacent un peu...). Tessa passe tout le roman dans une cuisine à apprendre les enluminures. On ne peut pas dire qu ece soit un paysage grandiose une cuisine, elle n'en sort jamais, mais son apprentissage des enluminures en fait un lieu plein de mystère et d'aventure!
On suit le fil du roman comme on suivrait le trait de la plume d'une enluminure. Les destins des héros s'y croisent. On s'y perd pour mieux découvrir les motifs complexes des personnages au détour d'un paragraphe/changement de couleur. Même si les destins de Camron et Ravis ne sont qu'effleurés dans ce premier tome (surtout centré sur Tessa), on devine qu'on en apprendra beaucoup plus dans la suite et que ce sera passionnant. Les personnages secondaires tiennent aussi toute leur place: Angélique, jeune reine naïve (ou peut être pas justement..) avec son chien boule de neige, Emith et sa mère qui vont protéger et initier Tessa, appartiennent aussi à la trame de ce dessin. Leurs chemins composent une histoire complexe pleine de couleurs et de surprises, telle la trame des dessins de Tessa.
Les motifs de l'ombre est un roman atypique et surprenant, malgré quelques petits défauts agaçants (la cicatrice et le coté un peu caricatural de Ravis) mais que l'on pardonne facilement.


Le Livre De Poche (fantasy) 7,50 euros.

Matilda de Roald Dahl







À cinq ans, Matilda a déjà tout lu, de Dickens à Steinbeck. En fait, elle est dotée d’un QI surdimensionné, mais personne ne s’en rend compte, surtout pas ses parents, bêtes et méchants, ni sa directrice d’école, la malveillance incarnée. Seule son institutrice la comprend. Le génie de Matilda va lui donner des pouvoirs surnaturels qui seront l’instrument de sa vengeance… Une histoire à la fois cocasse et grinçante: c’est là la patte de Roald Dahl. Pour apprendre à rire jaune avec de l’humour… noir.








L'avis de Phooka

Toujours à la découverte de Roald Dahl, je me suis plongée cette fois dans Matilda. Cette fois, et bien que ce soit aussi un livre pour enfants (à partir de 10 ans), j'ai vraiment pris un énorme plaisir à le lire!!! C'est drôle, grinçant et ça se dévore(même pour un adulte!). les personnages sont stéréotypés à souhait (les parents de Matilda sont ignobles, la directrice d'école aussi, par contre la maîtresse est l'image incarnée de la douceur) et Matilda est une enfant absolument incroyable! Tous les ingrédients y sont pour en faire un livre qu'on ne lâche pas avant la fin. Fin d'ailleurs peut être un peu "tirée par les cheveux" mais qui s'insère parfaitement dans l'histoire. Après c'est quand même un livre pour enfant alors un chouette happy end pourquoi pas!
On retrouve le coté très corrosif et observateur de Dahl, comme dans Charlie et la Chocolaterie , le tout est agrémenté des superbes dessins de Quentin Blake qui adoucissent un peu le ton du roman. Le résultat est vraiment hilarant!
Je le proposerai à mon fils, c'est sûr!
Vraiment un super moment de lecture pour petits et grands!!!

dernière édition Folio junior (couverture rose) environ 7,60 euros.

mercredi 24 février 2010

La Douane Volante de François Place



Quatrième de Couverture
Bretagne, 1914. La guerre menace. Une nuit, la charrette de la mort s’arrête devant la maison de Gwen le Tousseux, le jeune orphelin. C’est lui que vient chercher l’Ankou, pour l’emmener au pays dont on ne revient jamais… Quand Gwen se réveille, il est passé de l’autre côté, dans un monde comme surgi du passé. Dans ce pays étrange, effrayant mais fascinant, dominé par la douane volante, il va vivre des aventures extraordinaires. Gwen l’Egaré parviendra-t-il à retrouver sa terre natale ou son destin sera-t-il à jamais lié à Jorn, le redoutable officier de la douane volante? Une fresque magnifique, entre roman fantastique et récit initiatique, dans laquelle François Place révèle toute la dimension de son talent d’écrivain. Avec Gwen le Tousseux, laissez-vous emporter au-delà des frontières du réel et du temps.




L'avis de Phooka:

Pour la première fois depuis bien longtemps, je ne sais pas par où commencer mon billet. J’ai lu « La douane volante » quasiment d’une traite, incapable de reposer le roman avant de l’avoir fini et en en ressortant sonnée, la tête remplie des brumes bretonnes. Inutile donc de dire que j’ai aimé, c’est évident, mais je ne sais comment parler de ce roman si poignant. Je vais donc commencer par le livre lui -même en tant qu’objet. Je le trouve vraiment de toute beauté. Le dessin de couverture de François Place lui-même, rappelant ainsi son passé d’illustrateur, le titre en surépaisseur et la qualité de l’impression en fait un objet que l’on aime manipuler. Cela peut paraître idiot, mais cela ajoute sans conteste au plaisir de la lecture.

Gwen, pauvre jeune pécheur de constitution maladive (d’où son surnom de Gwen le tousseux), rencontre un « rebouteux » qui lui sauve la vie. Ce « rebouteux » va le prendre sous son aile et lui apprendre les rudiments du métier, avant de mourir subitement. Nous sommes à quelques jours de la première guerre mondiale. A peu près au moment où la guerre est déclarée, Gwen se retrouve emporté dans un monde parallèle dans la grande charrette noire de l’Ankou lui-même. Il n’a aucune idée de l’endroit où il est, il va devoir y apprendre très vite à survivre. Il va d’abord rencontrer Jorn. Jorn qui appartient justement à cette douane volante, sorte de police aux pouvoirs quasi totalitaires. Jorn aux deux visages, parfois mesquin et brutal, parfois généreux et héroïque et qui finalement va jouer le rôle du père absent. Gwen va aussi devoir lutter contre son ignorance, continuer à développer ses dons de « rebouteux », apprendre la médecine. En cela il sera aidé aussi par des « professeurs » hors du commun. Il découvrira les premières prémices de l’amour. Il va grandir…

Ce roman peut se lire à plusieurs niveaux. D’abord c’est un roman fantastique et finalement il peut se lire en tant que tel sans forcément chercher plus loin et c’est déjà un régal. Mais c’est aussi l’initiation d’un jeune, qui va étudier, lutter contre l’ordre établi, se rebeller, fuguer, aimer, frôler les interdits et être trahi. Il en ressortira grandi et adulte, mais à quel prix ?

On plonge dans ce roman, comme on plonge dans la brume de Bretagne. On est imprégné par ce monde imaginaire peuplé de démons et d’humains. On vit dans cet univers hors du temps au même rythme que Gwen : j’ai eu peur avec lui, j’ai ressenti les mêmes indignations, cette impression de piège, de nasse, j’ai lutté avec lui pour en sortir et j’ai refermé le livre épuisée et éblouie. L’histoire est pleine de poésie, elle est dense et fluide à la fois. L’auteur est un vrai conteur qui vous transporte dans un autre monde qui fait penser à certains anciens tableaux hollandais. L’ambiance y est sombre, parfois étouffante. Un monde dur dans lequel la médecine fait penser à Molière, dans lequel les amis ne sont pas toujours ceux que l’on pense et où les ennemis se révèlent être finalement plutôt bien attentionnés.


Quel est ce monde ? Est-ce un pays imaginaire crée de toutes pièces par Gwen pour échapper aux horreurs de la guerre ? Est-ce juste un reflet de la folie et des blessures produites par cette guerre meurtrière ? Un monde qui engloutit les jeunes comme ils ont été « avalés » et détruits entre 1914 et 1918 ? Peut-être…ou pas ! En tout cas on ne sort pas indemne de ce roman vraiment hors du commun.
Je ne peux que le conseiller à tous, jeunes ou adultes, c’est vraiment un gros coup de cœur.

Un très grand merci à
Gallimard Jeunesse de m’avoir fait découvrir ce livre exceptionnel à travers un partenariat avec Livraddict.
Gallimard Jeunesse: 13,50 euros


L'avis de Dup:

Je viens de finir ce livre et comme le dit si bien Phooka, on en ressort sonnée! J'ai adoré cette lecture. Et que dire de l'écriture de ce Mr Place...un régal !
Je n'ai rien à rajouter à cette chronique si ce n'est que je ne comprends vraiment pas pourquoi ce livre est classé en jeunesse.J'ai un bon panel de "jeunesses" chez moi :)) et je ne vois pas lequel de mes gamins apprécierait cette lecture! En revanche je le conseillerai à tout adulte.


vendredi 19 février 2010

Percy Jackson-Le voleur de foudre tome 1- Rick Riordan





Quatrième de couverture:


Etre un demi-dieu, ça peut être mortel… Percy Jackson n’est pas un lycéen comme les autres. Sa prof d’histoire est en fait un monstre mythologique ! Et les dieux du mont Olympe entrent dans sa vie, ici et maintenant, en plein New York. Ils l’accusent d’avoir volé l’éclair de Zeus. Dans cette succession de catastrophes, une seule bonne nouvelle : Percy se découvre peu à peu des pouvoirs extraordinaires…


L'avis de Dup:

Je démarre ce livre et dès la première ligne j’apprends que Percy Jackson est un sang-mêlé! Zut me dis-je, encore une histoire qui se rapproche de Harry Potter! Et j’ai tellement aimé les aventures du petit sorcier aux lunettes rondes que j’ai été déçue à chaque fois en lisant des histoires similaires (Tara Duncan par exemple…) Mais je suis très vite rassurée, on n’évolue pas du tout dans le même monde, ces sang-mêlés sont des demi-dieux. Et nous voilà plongé dans la mythologie grecque, car les dieux existent encore! Vous ne le croyez pas? Et bien lisez donc Percy Jackson, vous verrez qu’ils régissent encore toute notre vie à nous autres humains. Ils se chamaillent, se tirent dans les pattes et menacent même de déclencher la prochaine guerre mondiale si Percy ne réussit pas à mener bien la quête qui lui tombe sur les épaules.En suivant les aventures de Percy Jackson on réapprend l’histoire et le rôle de chaque dieu et déesse de la mythologie, toujours avec humour et légèreté. Par exemple, le passage du Styx pour accéder au pays des morts, avec Charon le passeur. Sauf que là, on se trouve face à un Charon limite mafieux, qui réclame bien plus qu’une pièce pour la traversée. La « salle d’attente » déborde car c’est priorité à ceux qui peuvent payer plus cher que les autres: les costumes italiens dont il est friand coûtent si chers aujourd’hui! Quant au Styx, on apprend que c’est une rivière très polluée car elle charrie depuis des milliers d’années ce que les humains apportent avec eux: leurs espoirs, leurs rêves et leurs souhaits jamais réalisés. Il n’existe pas de station d’épuration pour ce genre de déchets…J’ai bien aimé cette lecture, qui reste néanmoins un récit pour ado, niveau collège je pense. Je ne serai pas de ceux qui attendent la suite avec frénésie . En revanche s’il plait à mes fils (16 et 14 ans) ce sera avec plaisir que je leur achèterai les deux tomes suivants…et je me connais, j’y mettrai sûrement mon nez moi aussi !Je rajouterai comme point positif, l’objet livre en lui-même. C’est la première fois que j’ai entre les mains un poche jeunesse, non, un livre tout court, qui tient tout seul ouvert sur une table! Cela paraît bête à première vue, mais je vous promets que c’est très confortable et j’ai bien apprécié ce détail!Un grand merci à Livraddict et les Editions Livre de poche jeunesse qui m’ont permis de découvrir Rick Riordan et faire une sympathique révision de la mythologie.

mercredi 17 février 2010

La voie des Ombres-L'Ange de la Nuit tome 1 - Brent Weeks



Quatrième de couverture:
Le tueur parfait n'a pas d'amis, il n'a que des cibles. Pour Durzo Blint, l'assassinat est un art et il est l'artiste le plus accompli de la cité, grâce à des talents secrets hérités de la nuit des temps. Pour Azoth, survivre est une lutte de tous les instants. Le petit rat de la guilde a appris à juger les gens d'un seul coup d'œil et à prendre des risques -comme proposer à Durzo Blint de devenir son apprenti. Mais pour être accepté, il doit commencer par abandonner son ancienne vie, changer d'identité, aborder un monde d'intrigues politiques, d'effroyables dangers et de magies étranges, et sacrifier ce qui lui est le plus précieux...




Biographie de l'auteur

Brent Weeks, né en Arizona, passa quelque temps à parcourir le monde'
comme Caine, le héros de Kung Fu, à s'occuper d'un bar et à corrompre
la jeunesse (mais pas en même temps), avant de commencer à écrire sur des serviettes en papier de restaurants. Enfin, un jour, quelqu'un décida de le payer pour ça. Voici le coup d'envoi de, sa première trilogie, déconcertante de maîtrise, entre Robin Hobb, Scott Lynch et David Gemmell.

L'avis de Phooka:

Durzo est un assassin, mais pas n’importe quel assassin, un pisse-culotte. Tel est le nom donné à ces assassins, possédant le « don » (soit dit en passant j’aimerais bien comprendre pourquoi on les appelle « pisse-culotte »). Azoth est un pauvre gamin des bas-fond de la cité. Il appartient à une « bande » dont le chef , « le Rat », est un horrible personnage, qui maintient l’ordre dans son clan en terrorisant et en violant ses « sujets », de pauvres mômes de 6 à 12 ans. Pour échapper à cette violence et à la misère Azoth veut devenir l’apprenti de Durzo, pour ne plus jamais devoir craindre pour sa vie, mais le prix à payer va être très élevé…

Alors je vous le dis tout de suite, si vous cherchez un livre drôle et léger, passez votre chemin ! :))
Parce que Brent Weeks, c’est noir, très très noir !
Première trilogie de cet auteur, premier essai et essai plutôt réussi ! L’écriture de Weeks est nerveuse, pleine d’envie et d’enthousiasme. Par contre l’auteur ne fait pas dans la dentelle, c’est le moins que l’on puisse dire ! Viols, putes, souffrances et morts sont présents quasiment à toutes les pages. Roman initiatique oui, mais l’initiation se fait vraiment dans la douleur. Pauvre Azoth ! Il devient l’apprenti de Durzo, il va devoir changer de vie, de personnalité, d’amis, il va rayer toute sa vie précédente pour devenir lui aussi un pisse-culotte. Il va rencontrer des personnages hors du commun, qui souvent se révèlent pleins de surprises (souvent mauvaises !). et il va s’enfoncer dans son « creuset de malheurs » pour en ressortir grandi …ou pas.
Le roman démarre assez lentement au niveau du rythme, puis il s’accélère au fil des pages ! La violence y est omniprésente et les personnages sont souvent machiavéliques, qu’ils soient du coté des « gentils » ou des « méchants ». Les révélations fusent, les combats se succèdent, les morts se comptent par centaines ! Autant dire que l’on ne s’ennuie pas une seule seconde, mais ce n’est pas un conte pour enfant !
Le personnage de Durzo, cet assassin sans état d’âme, fait un peu penser au personnage de Waylander de Gemmel ou à Locke Lamora (d’où les références dans la biographie de Weeks). Ce n’est pas un personnage sympathique, mais par contre il est fascinant ça oui !
L’autre point fort de cet Ange de la nuit, c’est la multitude de personnages secondaires si variés ! On est loin des archétypes classiques. Mais ce point fort peut se révéler aussi un point faible du roman. Les personnages sont tellement nombreux que parfois on peut s’y perdre, mais surtout certains apparaissent le temps d’un demi-chapitre et ne reviennent pas dans le cours de ce premier tome. Je suppose bien évidemment qu’ils réapparaitront dans les tomes suivants, mais parfois ça laisse un arrière gout d’inachevé. Mon autre reproche concerne les transitions un peu brutales d’un chapitre à un autre. La façon de Weeks de faire vieillir Azoth manque parfois un peu de continuité, même chose pour l’apparition souvent brutale des personnages secondaires. C’est le prix à payer pour cette écriture très nerveuse de l’auteur. Une écriture enthousiaste et pleine d’envie, mais qui pêche parfois par un manque de fluidité.
Soyons clair, ces défauts ne m’ont pas empêchée d’apprécier énormément la lecture de ce roman et c’est avec plaisir que je me plongerai dans la suite

Un bon point que je tiens à souligner aussi, c'est que l'auteur ne nous laisse pas, à la fin de ce premier tome, dans une situation telle qu'il faille se ruer sur la suite! (Ce qui se fait de plus en plus souvent et devient parfois pénible).


En résumé : « La Voie des Ombres » est un roman puissant et très noir, peut- être un peu "confus" parfois du fait du nombre de personnages, mais je suis sûre que beaucoup de mes points d’interrogation vont trouver leurs réponses dans la suite que j’ai hâte de lire !

Editeur Bragelonne: 22 euros

samedi 13 février 2010

Fantastique Maître Renard de Roald Dahl



Dans la vallée, il y avait trois fermiers, éleveurs de volailles dodues...
Le premier était gros et gourmand ; le deuxième était petit et bilieux ; le troisième était maigre et se nourrissait de cidre. Tous les trois étaient laids et méchants. Dans le bois qui surplombait la vallée vivaient Maître Renard, Dame Renard et leurs quatre renardeaux, affamés et malins... Plongez-vous avec délices dans les aventures de l'un des plus célèbres héros de Roald Dahl, illustrées avec fantaisie par Quentin Blake.


L'avis de Phooka

Depuis le temps que j'entends par de ce Roald Dahl!! Avant hier, mon fils (8 ans) a eu l'excellente idée de l'emprunter à un copain. Ni une, ni deux, à peine sortit de son cartable, je lui ai subtilisé le roman (oui, je sais ça ne se fait pas, mais il faut bien avoir quelques avantages à être maman parfois! :)).
Je l'ai donc lu. Evidemment ça se lit très vite pour un adulte, mais même un adulte prend plaisir à cette très chouette histoire. Trois méchants dans le plus pur style du genre. Ils se baffrent, sont trop gros, sentent mauvais et sont idiots. Un renard "gentil" et rusé qui est obligé voler pour nourrir sa famille (le problème de conscience du vol est même posé grâce à Mr Blaireau). Une situation totalement rocambolesque digne des plus grands contes! L'écriture est fluide, drôle. Il y a du suspens, de l'action un peu 'à la Arsène Lupin'.
Bref un vrai plaisir de lecture à conseiller à partir de 8/9 ans.

vendredi 12 février 2010

Stardust de Neil Gaiman





4 ème de couverture:

D'un côté, il y a Wall, paisible village niché au sein d'une calme forêt anglaise. de l'autre, le pays des fées, univers d'enchantements, de sorcières, de licornes et de princes sanguinaires. Entre les deux, il y a le mur, l'infranchissable et épaisse muraille qui ceint le hameau et le sépare de féerie. infranchissable ? Pas tout à fait, puisque tous les neuf ans s'ouvre la foire des fées qui, durant un jour et une nuit, permet aux deux mondes de se rencontrer. dans certaines circonstances, cependant, attendre si longtemps pour pénétrer en féerie est impossible. Car quand on s'appelle Tristan Thorn et que l'on a promis à sa belle l'étoile filante tombée du firmament de l'autre côté du mur, aucun obstacle ne saurait s'élever contre l'amour...




L'avis de Dup:

J'ai l'impression d'avoir lu un conte pour enfant.
Tout y est: des gentilles fées, des méchantes sorcières, des nains malins, des princes qui s'entretuent pour la succession, une étoile filante qui se transforme en une belle jeune femme, une licorne, des bateaux qui voguent dans les cieux, au dessus des nuages à la pêche aux éclairs… Et notre héros Tristan Thorn, très simplet au milieu de tout ça, qui est dévoué corps et âme à sa bien aimée, une fille manipulatrice qui va le pousser à la quête de l’étoile filante. Même l'écriture, le style de l'auteur renforcent l’ambiance conte de fées : c’est vieillot, d’un langage soutenu, et toujours agrémenté d’une note d'humour, mais un humour comment dire… So british !
D'aucuns racontaient que la chaîne de montagnes qui traversait cette partie du Pays des Fées du nord au sud, telle quelque monumentale échine, avait jadis été un géant, devenu si gros et si lourd qu'un jour, épuisé par le pur et simple effort de vivre, il s'était couché dans la plaine et avait sombré d'un sommeil si profond que des siècles entiers pouvaient s'écouler entre chaque battement de son coeur. [...] Il n'en demeurait pas moins qu'on appelait les quatre grandes montagnes de cette cordillère le Mont Tête, le Mont Epaule, le Mont Bedon et le Mont Genoux. Et ses contreforts sud étaient plus connus sous le nom de Pieds. Deux cols permettaient de franchir ces montagnes: un, entre la tête et les épaules - à l'emplacement du cou - et un, dans le voisinage immédiat du Mont Bedon, côté sud. Et bien sûr le dernier col en question n'est pas nommé...j'adore!
Malgré tout je ne le lirai jamais à un enfant, car c'est un conte de fée pour adulte! Un langage soutenu je disais, mais avec des dialogues qui dérapent parfois et tournent un poil grivois.Au fil des aventures que traversent Tristan en Féerie, on se rend compte qu’il évolue, devient moins sot, et on finit par faire front avec lui. On espère qu’il va se rendre compte de la duperie de sa « douce », et réaliser qu’il a à portée de main un tout autre bonheur.
Lecture surprenante, mais très agréable. Et pourtant, je partais avec un sérieux handicap, j'avais vu le film avant et ne l'avais pas du tout aimé ! C'est mon premier Neil Gaiman, et je crois que je ne vais pas en rester là!

mercredi 10 février 2010

Le Déchronologue de Stéphane Beauverger



Au xviie siècle, sur la mer des caraïbes, le capitaine henri villon et son équipage de pirates luttent pour préserver leur liberté dans un monde déchiré par d'impitoyables perturbations temporelles, leur arme: le déchronologue, un navire dont les canons tirent du temps.
qu'espérait villon en quittant port-margot pour donner la chasse à un galion espagnol? mettre la main, peut-être, sur une maravilla, une des merveilles secrètes, si rares, qui apparaissent quelquefois aux abords du nouveau monde. assurément pas croiser l'impensable: un léviathan de fer glissant dans l'orage, capable de cracher la foudre et d'abattre la mort! lorsque des personnages hauts en couleur, au verbe fleuri ou au rugueux parler des îles, croisent objets et intrus venus du futur, un souffle picaresque et original confronte le récit d'aventures maritimes à la science-fiction.
de quoi être précipité sur ces rivages lointains où l'histoire éventrée fait continûment naufrage, où les marins affrontent tous les temps. car avec eux, on sait: qu'importe de vaincre ou de sombrer, puisque l'important est de se battre!.


L'avis de Phooka

J'ai lu ces phrases quelquepart sur le net à propos de ce Dechronologue:
"
Dans la vie, ma brave dame, il y a de bons livres, de mauvais livres, et puis il y a les inclassables. Des livres qui marquent parce qu'ils ont ajouté une pierre à l'édifice, parce que des années plus tard il restera toujours quelque chose. Que l'on aime ou que l'on aime pas, là n'est pas la question."

Je n'avais pas compris le sens de ces phrases, mais après la lecture du Déchronologue, je crois que j'y vois plus clair!
C'est un livre qui marque et qui ne peut pas laisser indifférent.
Une Uchronie comme j'en ai rarement lue (et pourtant j'en ai lu beaucoup car c'est un genre que j'adore), une sorte d'OVNI de la littérature.
L'histoire de ce pirates des Caraibes (non ce n'est pas Jack Sparrow) qui est pris dans les filets du temps.
Des régions entières de la côte disparaissent sous des effets temporels, seule la mer est sûre..Quoique pas toujours non plus.
Une histoire incroyablement documentée.A l'instar de
Terreur de Dan Simmons, le Déchronologue nous retranscrit la façon de vivre des pirates avec un réalisme incroyable (moi qui croyait que les pirates buvaient du rhum, j'ai appris que le rhum n'existait pas à cette époque! )
Un héros, le capitaine Villon, dépassé pas les évènements mais qui se battra coûte que coûte jusqu'à accomplir sa destinée.
Des personnages secondaires époustouflants!
Des dialogues, ciselés et pleins de saveur (le jargon du grand Féfé est à tomber!)
Un style d'écriture de rêve.
Un livre historico-fantastique , un peu à la Pevel mais beaucoup beaucoup plus dense!
Je reconnais qu'à un moment j'ai failli lâcher prise, parce que l'auteur non content de déjà nous raconter une histoire incroyable, nous place dans la même position que la capitaine en "mélangeant les chapitres"!
Donc on "navigue" sur une quinzaine d'années...dans le désordre, et au début c'est vraiment déroutant, c'est le moins qu'on puisse dire!
On se retrouve vraiment avec la même sensation que Villon. C'est un coup de génie ce truc!
Et puis petit à petit les pièces du puzzle se rassemblent et on commence à y voir plus clair! Et là, on est accro, on veut comprendre..
Je n'en dirais pas plus.
A ceux qui veulent découvrir , allez y, vous n'oublierez pas ce livre. Il faut s'accrocher, comme un marin à son radeau et c'est un gros pavé à lire.
Vous aimerez peut-être, ou pas, mais vous ne serez pas indifférents.

Editeur: La Volte 18 euros

vendredi 5 février 2010

Blanche Neige et les lance-missiles de Catherine Dufour



Quand les Dieux Buvaient.Tome 1

Quatrième de couverture

Tous les contes commencent par " il était une fois " et finissent par " ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants ". Oui mais... et après ? Et si le règne de Blanche Neige avait été une horrible dictature ? Et si le miroir magique était devenu gâteux ? Et si Peau d'Âne était tombée amoureuse du prince de Cendrillon ? Une poignée de fées du bois de Boulogne, une bande de spectres, le père Noël et sa fille, l'Ankou et sa faux, le Petit Chaperon rouge et l'affreux démon Bille Guette suffiront-ils à sauver le monde du chaos ?


L'avis de Phooka:

D'abord une petite précision: le livre publié par Le Livre de Poche (voir couverture de cet article) est en fait la réunion des deux premiers tomes de cette sage "Quand les Dieux buvaient" de Catherine Dufour. Il comprend: Blanche Neige et les lance-missiles" ainsi que "l'ivresse des providers", initialement publiés séparemment.

Que se passe t'il après le happy end de nos contes préférés?? Vous êtes vous posé la question? Non? ben moi non plus! Mais visiblement Catherine Dufour qui n'a pas l'esprit dans sa poche y a pensé elle! Et quand Catherine Dufour commence à cogiter, ça déménage!! Pauvre Cendrillon que la méchante belle-mère a confondu avec Blanche-Neige, pauvre Aurore qui se réveille en ayant pris 100 ans "dans le nez", une robe en lambeaux et des moutons dans les cheveux et que dire de Jésus-Crist qui en a marre que les humains agissent en son nom pour faire n'importe quoi! A cette époque le monde était plat...tiens donc ça rappelle quelquechose ça....L'hommage à Pratchett est évident et bien d'autres liens sont aussi fait avec d'autres grands chef-d'oeuvre de l'humour (Monty Python et autres).
Dans la deuxième histoire, Dufour s'attaque à Internet, aux ordinateurs (dans lesquels les spectres rescapés de la première histoire se réfugient) et à Windows. Visiblement son ordinateur a dû planter pas mal de fois et elle a dû être souvent envahie de virus pour être aussi virulente. Mais que c'est drôle!!!


Par contre, même si c'est un roman d'humour, il faut rester très concentré pour ne pas en perdre une miette et ne pas passer à coté des jeux de mots et autres inventions absolument incroyables de Dufour! Ainsi dans la deuxième histoire notre "Bille Guette" devient William Door...bon William, le pseudo en anglais c'est Bill et Door, porte..Gate...Voilà quoi! :)))). Alors si vous lisez vite sans chercher la petite bête vous allez passer à coté de tout ça et surtout vous allez être vite perdus parmi les nombreux personnages. Mais si vous prenez votre temps, quel délice!!!!!


Quelques extraits choisis:

En général, quand le Destin se mèle de coller au-dessus d'un trésor une entité hargneuse (peuple de gnomes, famille de trolls ou cyclopes célibataires) équipée d'amulettes, c'est qu'Il a une bonne raison.Pas systématiquement, mais en général. Chachette mis vingt quatre heures à trouver la veine d'or, quarante-huit à reveiller le sombre Gragon Sueux avec ses coups de pelles, et deux dixièmes de secondes à cramer jusqu'au fond de la moëlle.

L'ennui c'est que le vin de messe du cru, à base d'antijel, rendait hargneux. Le petit Bille se mit donc a guetter avec inquiétude le retour de ses parents après vêpres, sur de prendre sa raclée, et on le surnomma Bille Guette.

Moi cet "humour à deux balles", ça me fait vraiment rire et j'ai lu ce livre avec beaucoup de plaisir et le rire aux lèvres. J'avais lu des critiques sur ce roman, certaines très bonnes et d'autres "moins bonnes", donc j'étais un peu suspicieuse au début. Et, bien que je ne sois pas une grande fan de l'humour en littérature (sauf Pratchett que j'adore et Piers Anthony, mais pour les deux, seulement à petites doses), j'ai vraiment accroché! L'histoire est drôle et loufoque à souhait, les personnages sont tous connus (mais dans des circonstances légèrement différentes..), les circonstances sont vraiment cocasses et le tout est emballé dans une histoire à dormir debout! Je ne me suis pas ennuyée un seul moment, bien au contraire j'avais même du mal à reposer le roman quand j'avais le nez dedans. Bref , une très jolie découverte!

Mais (il y a toujours un "mais") à mon avis Le Livre de Poche a commis une énorme erreur en éditant les 2 premiers tomes de cette série en un seul volume! En effet, j'ai vraiment adoré le style de Dufour, comme je l'ai dit avant. Mais à mon avis ce genre de roman se lit "à petite dose" et même si le deuxième volume "l'ivresse des providers" est aussi réussi que le premier (et vraiment jouissif) , j'ai eu du mal à le finir, non pas parce que c'était ininterressant, mais simplement parce que ca faisait "trop". Le meilleur exemple, c'est que les romans de Pratchett sont courts, et c'est parfait comme ça. Les volumes originaux de cette série "Quand les dieux buvaient" étaient approximativement de la taille d'un Pratchett et il fallait le laisser comme ça. C'est vrai que personne ne m'oblige non plus à finir ce livre d'une traite et donc à lire les 2 histoires à la suite, mais il se trouvait que c'était un emprunt à la bibliothèque donc je "devais" le finir. Et c'est vraiment dommage, car ça nuit franchement à ce roman qui pour ma part aurait été sinon un énorme coup de coeur!

Malgré ce petit défaut, ce roman reste pour moi une grande découverte et Dufour mérite vraiment tous les éloges qu'on lui fait. C'est drôle et inventif, loufoque et très agréable à lire. Je ne peux que recommander!

Le Livre de Poche environ 7 euros.

Troie : Tome 2 Le bouclier du Tonnerre de David Gemmell



La guerre menace.
Tous les rois de la Grande Verte se rassemblent, chacun dissimulant de sinistres plans de conquête et de pillage.
Dans ce maelström de traîtrise, trois voyageurs vont faire osciller la balance : Pira, une prêtresse fugitive cachant un terrible secret ; Calliadès, un guerrier aux idéaux élevés et à l’épée redoutable ; et son meilleur ami, Banoclès, qui se taillera une légende dans les combats à venir.
Ensemble, ils voyagent jusqu’à la fabuleuse cité de Troie, où les ténèbres viendront bientôt éclipser pour des siècles les triomphes et les tragédies des mortels ordinaires. Car l’époque glorieuse de l’Âge de Bronze n’est pas taillée pour les hommes, mais pour les héros !



L'avis de Phooka

Je suis sous le choc, subjuguée, fascinée, il n'y a pas de mots assez fort pour cette série!
Franchement il faudrait que tout le monde le lise. Ce n'est pas de la fantasy classique , c'est presque un récit historique, même si Gemmell se permet beaucoup de liberté avec le mythe. C'est
la vision de Gemmell de l'histoire de Troie.
Quelle force!
Quels personnages!
Je n'ai jamais lu quoique ce soit d'équivalent!
Je ne connais personne capable d'écrire des personnages comme le fait Gemmell en général, mais pour Troie il s'est carrément surpassé.
Que ce soit les rois, tous plus fourbes les uns que les autres (Priam, Agamemnon...)... même Ulysse n'est pas toujours un roi sans taches. Que ce soit les reines, qui souvent sont plus intelligentes et plus manipulatrices que leur conjoint (Hécube quel personnage!), même si elles doivent rester dans l'ombre, condition de femme oblige!
Que ce soit les grands héros, tels Hector, Hélicon, Achille ou Ulysse dont on suit les aventures incroyables et les combats fabuleux avec angoisse et passion.
Tous les personnages de Gemmell sont saisissants.
Mais pour moi le plus étonnant ce sont les autres...
Quels autres me direz vous, vu que je viens d'en citer déjà des dizaines?
Hé bien, TOUS les autres, de la putain au général, en passant par la servante et le simple soldat, Gemmell rend ces personnages là encore plus poignants, héroïques et fascinants que tous les autres.
Je ne sais pas comment exprimer toute la profondeur qu'ils leur donne. J'ai pleuré devant leur destin, devant les tragédies de tous ces personnages "qui ne comptent pas", "qui ne sont rien" et que l'Histoire à oubliée.
Merci de leur redonner vie monsieur Gemmell !!! Ca n'a pas de nom...il faut lire Troie, parce qu'il n'est pas possible de trouver des mots assez forts pour en parler!

Vous aurez compris....j'adore! :))


En résumé: Ne perdez pas votre temps à lire ce blog, mais foncez chez votre Libraire ou dans votre bibliothèque préférée .....Troie, c'est ENNNOORRMME!



L'avis de Dup:

Plutôt qu'un avis qui serait un copié-collé de celui de Phooka, juste un petit extrait...

- Tes fils s'engageront-ils dans les jeux ? demanda Pénélope.
- Oui. Ce sont tous les deux de bons athlètes. Antilochos devrait briller au lancer de javelot, et Thrasymédès battra n'importe quel homme au tir à l'arc, dit Nestor avec un clin d'oeil.
- Quand ça arrivera, la lune sera verte, marmonna Ulysse. Même sans être au mieux de ma forme, je cracherais une flèche plus loin qu'il ne pourrait en tirer une !
Nestor éclata de rire
- Comme tu es civil quand ta femme est dans la pièce ! La dernière fois que je t'ai entendu te vanter de ton habilité, tu prétendais que tu pourrais projeter une flèche plus loin avec un pet !
- Ca aussi, c'est vrai ! dit Ulysse en rougissant.



mercredi 3 février 2010

Jonathan Strange et Mr Norrell de Susanna Clarke

Il y a des siècles de cela, du temps où la magie existait encore en Angleterre, le plus grand magicien de tous était le roi Corbeau. Enfant d’homme élevé par des fées, le roi Corbeau mêla sagesse féerique et humaine raison pour fonder la magie anglaise. En 1806, année où commence le roman, il n’est plus guère qu’une légende. L’Angleterre est gouvernée par un roi fou, Lord Byron bouleverse les mœurs autant qu’il révolutionne la poésie, les guerres napoléoniennes ravagent le pays… et plus personne ne croit à la pratique de la magie. Or voici que Mr Norrell, le reclus de l’abbaye de Hurtfew, lance un défi aux magiciens théoriciens qui pullulent dans le pays : il prouvera qu’il est le seul véritable magicien du pays. Dans une scène éblouissante, il prête parole et mouvement aux statues de la cathédrale d’York. La nouvelle du retour de la magie en Angleterre se répand jusque dans les frivoles salons londoniens. Pédant, prétentieux, Mr Norrell devient pourtant la coqueluche de la noblesse londonienne. Mais lui veut davantage : aider le gouvernement dans sa guerre contre Napoléon. Il bloque les Français en rade de Brest grâce à une immense flotte anglaise composée de navires nés de la pluie, et dote les côtes britanniques de charmes protecteurs.
Aider le royaume d’Angleterre n’est pas l’unique obsession de Mr Norrell. Car il veut aussi, et surtout, éliminer tout rival possible. C’est compter sans la prophétie : Deux magiciens paraîtront en Angleterre. Le premier me craindra ; le second de me voir brûlera. Et bientôt il croise sur son chemin un brillant jeune magicien, Jonathan Strange. Ce dernier est charmant, riche, un brin arrogant, mais imaginatif et courageux. Mr Norrell, séduit, le prend pour élève. Ensemble, ils éblouissent le pays de leurs exploits. Mais leur association tourne vite à la rivalité…
Plus de deux millions d’exemplaires vendus à ce jour, prix Hugo, prix Locus du premier roman, BookSense du roman de l’année, roman de l’année du Time Magazine, traduit dans dix-sept pays, bientôt adapté au cinéma par les studios NewLine, Jonathan Strange & Mr Norrell, publié sous deux couvertures différentes (soit noire, soit blanche) est un phénomène.


Petite info : La version grand format comprend 900 pages, en version poche c'est plus de 1200 pages, avis aux amateurs! ;)


L'avis de Phooka:


De fait si il y a un reproche a lui faire c'est qu'il est quand même très long ce roman.
Par contre qu'est ce que c'est bien!!
Cette écriture "datée", très dix-neuvième siècle, est un vrai régal!
On est loin, très très loin de ces
soit-disant romans de soit-disant fantasy qui privilégient l'action et parfois les personnages au dépend du style (non,non, je ne dirais pas à quoi je pense! :)) dans lesquels l'écriture est souvent simple, voire simpliste (et même parfois simplette! ) comme si les lecteurs de fantasy étaient forcément un peu idiots! Je ne crache pas dans la soupe puisque je suis une dingue de fantasy, mais il faut reconnaitre que parfois certains romans sont un peu limites...
Je ne lirais pas que des romans du style de
Jonathan Strange et Mr Norell, mais un de temps de temps c'est un vrai régal! On pense à Lovecraft , à Jane Austin bien sûr, mais aussi à Poe et surtout (pour moi) à la série des "veufs noirs" d'Asimov que j'adore!
On lit et on entre dans un monde très typé. Beaucoup de descriptions oui, comme les romans de l'époque. Peu d'action, mais beaucoup de suggérés. C'est "reposant" . Calme et volupté!
Sa lecture necessite un peu d'effort mais quelle récompense!
Et puis on réalise petit à petit qu'on lit un livre...sur les livres!
Sur les livres qui parlent de magie et qui sont la base de tout....on continue de lire...et on réalise que le livre qu'on tient dans les mains EST un justement de ces fameux livres qui parlent de magie. Quel coup de maître! Par la lecture du roman nous sommes devenus un magicien tel que décrit dans l'histoire!
La boucle est bouclée!!
Bravo!

En résumé: sans doute un peu long, mais un réel plaisir de lecture totalement différent de ce qu'on lit habituellement dans le domaine. Une richesse de langage et d'écriture hors du commun, un vrai régal!



L'avis de Dup:

Et bien cela tombe bien que tu parles de ce livre sur le blog... cela va permettre de montrer que nous ne sommes pas d'accord sur tout!
Comme je m'y suis ennuyée, j'ai insisté pendant presque 200 pages pour finir par capituler. Lent, trop lent. Une furieuse envie de secouer le livre afin de faire bouger ses personnages...bref, pas pour moi!

Le Livre De Poche: environ 10 euros


lundi 1 février 2010

Un ticket pour l'enfer de Laurent Botti



Quatrième de couverture:

Son mari la bat depuis des années. Le jour où il essaie de s'en prendre à son fils de neuf ans, elle n'a pas d'autre choix : elle s'interpose... et le tue. Mais son mari est un flic, un ripou, avec des ennemis et des secrets. Maintenant, c'est à elle de payer. Une seule chose compte désormais pour cette mère blessée : fuir, échapper à son passé, et surtout, surtout, protéger son fils, qui, dans des sortes de " transes ", perçoit des bribes d'avenir... un avenir aux couleurs de l'enfer. A moins qu'ils n'arrivent à renverser le destin. Un suspense haletant, une ambiance sombre et inquiétante, des héros à la dérive qui se débattent dans une intrigue palpitante... Après Pleine brume, Fatale lumière, La Nuit du Verseau et Un jour, des choses terribles... vendus à plus de 450 000 exemplaires, Laurent Botti signe un thriller contemporain qui nous fait frissonner de la première à la dernière page.


L'avis de Dup:

7 ans à vivre avec une brute épaisse qui prend plaisir à la maltraiter aussi bien physiquement que moralement, c'est déjà l'enfer non? Et bien non, pour notre pauvre Charlie, ce n'était que le purgatoire car l'auteur lui réserve encore pire.
Après l'avoir tué, elle fuit avec son fils David, sans savoir que derrière elle, la tracent, la bande mafieuse a qui son mari devait beaucoup d'argent, l'IGS qui voulait le coincer, et apparemment une grosse structure qui avait mis chaque pièce de leur maison sous surveillance vidéo depuis plus de huit mois. Donc elle fuit, quitte Paris, sa banlieue, et se réfugie... en Bourgogne. Misère, près de Laville-Saint-Jour...et l'angoisse monte d'un ton.
Ici je me dois de faire une parenthèse, pour ceux qui n'auraient pas lu les précédents livres de Laurent Botti: C'est le lieu où se passe toutes les intrigues les plus machiavéliques qu'ait inventé l'auteur, et plus particulièrement dans son précédent livre Un jour des choses terribles...où Laville-Saint-Jour et son brouillard sont des personnages à part entière.
Je dois avouer qu'en commençant ce livre Un ticket pour l'enfer, je me suis dit chic, pas la Bourgogne et le brouillard, tellement le livre précédent m'avait fait flipper! Et quand page 160 on découvre que le havre de paix vers lequel se rend Charlie et son gamin se trouve juste à côté de cette ville, je vous promets que j'ai ressenti un grand frisson!
L'intrigue est complexe à souhait tellement il y a d'intervenants dans cette histoire, chacun pour des raisons différentes.
Et au milieu de ça, notre pauvre Charlie essaye de surnager tout en protégeant son fils si particulier. Car oui, il n'est pas tout-à-fait "normal" David, il a des pouvoirs, il le sait, mais ne les maitrise pas encore...
Et si ce n'était pas l'inverse, David qui protègerait sa maman ?
Plus on avance dans le livre, plus cela s'accélère, on va de surprises en révélations, avec un final véritablement explosif dans tous les sens du terme!

Petit bémol néanmoins...l'épilogue gâche tout. Un happy-end pas franchement nécessaire, j'aurai dû arrêter ma lecture avant, et je vous le conseille franchement.

Fendragon de Barbara Hambly


4ème de couverture:
" Je suis Morkeleb le Noir.
Je ne suis et ne serai l'esclave de personne, encore moins d'une femme humaine. " Lorsque Jenny Waynest, compagne du Fendragon des légendes, accepte d'accompagner l'amour de sa vie vers les terres du Sud où l'appelle son Roi, elle ne sait pas ce qui l'attend: les intrigues vénéneuses de la magicienne Zyerne, le souffle brûlant du plus sombre des dragons, mais aussi le feu dévorant d'une passion séculaire - la douleur, le renoncement et la mort.
"De la fantasy épique de tout premier ordre. " Publishers Weekly Comparée par les critiques à J.R.R. Tolkien et H.P. Lovecraft, Barbara Hambly nous offre avec Fendragon une fresque intense et magistrale.


L'avis de Dup:


La magicienne Jenny part avec son compagnon, John le Fendragon en direction du sud du pays avec Gareth, le fils du roi qui est venu le chercher dans le nord, Les Pays d'Hiver.Il lui faut sauver le royaume de Bel qui est mis à mal par l'arrivée soudaine d'un dragon. Après un trajet plein de dangers où le chevalier Gareth se révèle un vrai boulet, ils découvrent un pays en pleine guerre civile, déchiré, sous l'emprise d'une grande magicienne, belle et perfide: Zyerne, et par ailleurs un magnifique dragon-mage qui s'est installé et approprié la source du butin du pays, l'or des gnomes.



C'est un livre sur la quète du Pouvoir par la magie. Ce qui m'a marqué le plus, c'est que la possession de cette magie est traduite dans ce livre comme une véritable jouissance sexuelle, profonde et intense, lorsqu'on la possède. Qu'elle soit destinée à faire le bien ou le mal!
La belle Zyerne, le pouvoir pour le pouvoir, la domination et l'or.
Jenny, pour pouvoir aider, sauver, guérir les autres.
Donc logiquement...qui va gagner?
Et bien non! Pas sûr, car à quel prix! Pour que Jenny accède à ce stade de pouvoir, celui qui lui manquait tant et pour lequel elle a lutté toute sa vie en en étant en permanence frustrée, elle doit se fondre dans la domination du dragon Morkeleb le noir. Elle doit abandonner le monde des humains et donc son amour pour Fendragon et leurs deux fils, et jouir de ce pouvoir tant convoité jusqu'à la fin des temps au côté de ce si beau dragon noir, aux sentiments si différents de ceux de John, des sentiments de dragon quoi, rien à voir...

Oui, vraiment, rien à voir, c'est si....si....arf, indéfinissable, faut lire ce livre! :) :) :)

C'est un livre qui s'engloutit tout seul, sans qu'on s'en rende compte, gentiment mais sûrement. Il y a de l'action, mais pas tant, il y a peu de dialogues verbaux mais plus d'échanges de pensées, c'est intuitif, les personnages se comprennent sans avoir beaucoup besoin de parler, et le plus fort là-dedans c'est que Fendragon arrive ainsi à faire de l'humour.



L'avis de Phooka:

C'est un roman que j'ai lu il y a déjà quelques années et qui m'a laissé un très bon souvenir. De la très jolie Fantasy, qui ne tombe pas dans les clichés et qui pour une fois...se lit en un seul tome!


les Scarifiés de China Miéville



Quatrième de couverture:

Jeune traductrice de langues oubliées, Bellis fuit Nouvelle-Crobuzon à bord du Terpsichoria en route vers l'île Nova Esperium. Arraisonné par des pirates, le navire est conduit vers Armada, improbable assemblage de centaines de bateaux hétéroclites constitués en cité franche, régie par les lois de la flibuste. Bellis y rencontrera bientôt les deux seigneurs scarifiés d'Armada, les Amants, ainsi qu'Uther Dol, mercenaire mystérieux aux pouvoirs surhumains. Un trio qui poursuit sans relâche une quête dévorante, la recherche d'un lieu légendaire sur lequel courent les mythes les plus fous. Sollicitée pour ses talents de linguiste, Bellis commence alors le plus stupéfiant des voyages, un périple aux confins du monde.


L'avis de Phooka:

Comment parler des Scarifiés de China Miéville? Franchement je n'ai pas la réponse. C'est tellement dense et complexe que le seul moyen de savoir "de quoi ça parle", c'est bien de lire le roman. Et sincèrement ce ne serait pas la pire chose à faire!

Pour essayer d'échapper à la police qui la traque, Bellis décide d'embarquer sur le
Terpsichoria pour mettre le plus de distance possible entre elle et la Nouvelle Crobuzon. Le navire est arraisonné par des pirates et tous ses passagers sont emmenés vers la citadelle improbable d'Armada. Cette cité flottante est en fait un gigantesque assemblage de navires. Elle est régie par les lois de la flibuste et est dirigée par un couple, les amants, deux personnages aux corps scarifiés. Bellis devra apprendre à vivre dans ce monde, elle y sera entourée de personnages haut en couleurs et elle va jouer bien malgré elle un rôle clé dans l'histoire d'Armada.

C'est le premier roman de Miéville que je lis. J'avais énormément entendu parler de cet auteur (je pensais à ma grande honte que c'était une femme, sans doute à cause du prénom...). J'en avais lu tellement d'excellentes critiques qu'il fallait que je le découvre. Naïvement j'ai choisit
Les Scarifiés parce qu'il n'y avait qu'un tome, ce qui me semblait bien pour découvrir un auteur. Erreur de ma part, j'ai réalisé pendant ma lecture que ces Scarifiés faisaient suite à Perdido Street Station qui se passe dans le même monde. Honnêtement ça ne m'a pas génée dans ma lecture, même si je suis persuadée avoir manque certaines allusions.

Comme je le disais en introduction il est extrèmement difficile de parler du roman., il est totalement différent de ce à quoi nous sommes généralement habitués. La société inventée par Mieville est complexe et sans aucun repère avec la notre! Au point que parfois je devais m'arrêter un moment pour me représenter ce que l'auteur était en train de décrire car en fait Miéville a une écriture "photographique" qui permet de se représenter avec une telle précision les lieux que l'on fini par réellement voir cette ville comme si nous la connaissions vraiment. Au niveau des personnages c'est tout aussi troublant. En effet les personnages peuplant Armada (et les autres lieux) sont tous plus improbables les uns que les autres, hommes-cactus, hommes-poissons, hommes-crustacés et les fameux hommes-moustiques. Ils sont ô combien
surprenant lorsque nous les découvrons dans le roman, mais Miéville les rend tellement réels qu'ils finissent par faire partie intégrante de l'histoire sans que nous ne fassions plus attention à leurs "particularités" et pourtant quelle imagination il faut pour créer tout ce petit monde...

Le rythme de l'histoire est souvent très lent, un peu comme la vitesse de déplacement d'Armada, car Miéville prend le temps de nous en imprégner totalement pour notre plus grand bonheur. J'avais peur que ce soit trop fou, trop violent et compliqué et que je n'accroche pas. Que nenni! On suit tous ces personnages avec un énorme interêt. La société inventée par Mieville est complexe, sans aucun repère avec la notre et on se noie dedans avec un immense plaisir! J'ai eu un moment de "flottement" entre les pages 200 et 250. Passé l'émerveillement du début je commençais à trouver le temps long...Et puis d'un seul coup l'histoire a décollé et le reste du roman, pourtant conséquent, se lit quasiment d'une traite! C'est un livre sombre, complexe et pas toujours facile à appréhender . Derrière tout cet imaginaire on peut aussi y voir une certaine critique de notre société. Ce roman est vraiment une perle, un merveilleux (au sens strict du terme) livre de littérature alternative, d'une inventivité sans limite. Bref un livre vraiment pas comme les autres, qu'il faut absolument découvrir.

Le Livre De Poche: 10.45 euros

J'ai déjà acheté "perdido street station" car j'ai très envie de me replonger dans l'univers totalement fou de monsieur Miéville