mardi 20 novembre 2012

12 : 21 de Dustin Thomason





Editions calmann-lévy
391 pages
20,90 euros


Résumé :


Un codex vieux de plus de 1 000 ans 

Une épidémie qui tient la planète en éveil 

Deux mystères à résoudre…

AVANT LA FIN DU MONDE


11 décembre 2012. Le docteur Gabriel Stanton, éminent chercheur au Centre de contrôle des maladies infectieuses, contemple d’un air incrédule les graffitis annonçant la fin du monde qu’une bande d’illuminés a disséminés sur les murs de Los Angeles. Ce jour-là, pourtant, ses certitudes les plus profondes seront ébranlées. Un nouveau patient, s’exprimant dans une langue inconnue, présente des symptômes qui le terrifient : insomnie prolongée, sueurs, crises d’épilepsie, hallucinations, pupilles minuscules… C’est une maladie à prions, le pire – la contamination – est à craindre.


Au même moment, Chel Manu, spécialiste de la civilisation maya, se voit confier par un trafiquant d’antiquités un codex inestimable, vieux de mille ans. Déchiffrer un tel manuscrit serait le couronnement de sa carrière. Mais l’intérêt historique s’efface devant l’urgence : ce vestige du passé se révèle indispensable pour enrayer les épidémies du présent. Car il recèle la clé du mystère de l’anéantissement des royaumes mayas. Et, peut-être, de la menace qui pèse désormais sur l’humanité tout entière.




L'avis de Dup :

Cette fameuse prophétie maya, elle en aura fait couler de l'encre ! On nous l'a servie à toutes les sauces ces derniers temps. Dustin Thomason va surfer sur la même vague, mais loin, très loin des aventures rocambolesques  il va nous proposer là un thriller époustouflant. Qu'on y croit ( et ceux-là, il les appellent les deux-mille-douzards :)) ou qu'on n'y croit pas, peu importe en fin de compte. Il nous met, nous pose je dirai presque devant deux énigmes totalement différentes, inquiétantes, qu'il faut résoudre dans l'urgence. Car il y a urgence, c'est clair, et ce n'est pas cette date fatidique du 21 décembre l'urgence, c'est ce que découvrent nos deux personnages.

Il y a Chel tout d'abord, d'origine maya et fière de l'être, passionnée par l'histoire et la culture de ses ancêtres. Tellement passionnée qu'elle en a fait son métier et travaille au musée Guetty de Los Angeles, dans la section qui y est consacrée. Lorsqu'on lui propose "sous le manteau" un codex très ancien, et surtout encore jamais vu, elle ne peut résister...même si elle sait qu'elle risque d'y perdre son métier, sa passion.

Et puis il y a Gabe, Gabriel Stanton, grand chercheur au CDC ( Centre d'épidémiologie de LA), spécialisé dans les prions, ces protéines présentent à la surface des cellules nerveuses. Ces prions qui ont aidés à son ascension "professorale" lors le l'épidémie de la vache folle, aujourd'hui enrayée. La vache folle oubliée, la source de la maladie ayant été découverte et éliminée, il a l'impression que son "département" au sein du CDC n'est plus qu'une vitrine et lui un fossile. D'année en année, son budget de recherche diminue inexorablement.

Lorsqu'il va être appelé par une médecin qui a hospitalisé un cas assez spécial dont le comportement s'apparente, de loin soit, à un problème de prions. Le patient souffre d'IF, Insomnie Fatale, car au bout de six à dix jours sans pouvoir dormir, l'organisme craque d'une manière ou d'une autre. Il se trouve que le patient en question ne s'exprime que dans un dialecte mayen ancien. C'est donc Chel qui va être appelée pour faire l’interprète. Chel qui de son côté a commencé avec un ami de confiance à déchiffrer les vieux glyphes du codex, comprend de suite que ce patient n'est autre que le pilleur de tombes mayas qui est venu vendre son butin à LA. L'intermédiaire est d'ailleurs lui aussi hospitalisé avec les mêmes symptômes...

Et c'est là tout l'art de Dustin Thomason : il va réunir ces deux personnages que rien ne rapproche. Ni la religion, ni la culture, ni les études, ni le milieu social, ni les convictions personnelles, rien ! Et ils vont devoir travailler ensemble...
Si Gabe veut mettre au point au plus vite un traitement efficace, il faut qu'il en comprenne les origines.
Chel, elle, veut comprendre l'extinction de ses ancêtres et pourquoi cette peur viscérale qu'elle déchiffre au travers les glyphes du codex écrit par un scribe royal de l'époque.

On a donc à faire à deux enquêtes différentes dans une seule quête. Menée par un couple aussi improbable qu'attachant.
Et bien sûr l'épidémie apportée par cet homme sortie tout droit du fin fond de la jungle guatémaltèque va s'étendre à une vitesse fulgurante, via le personnel soignant, les transports en communs, le retour à la famille après une longue journée de boulot, etc. Gabe, Chel et son acolyte semblent pour l'instant épargnés... La vitesse de propagation est fulgurante et les autorités politiques finissent par prendre la décision d'un embargo autour de Los Angeles... mais trop tard, beaucoup trop tard. C'est alors une véritable pandémie mortelle qui s'abat sur les USA et gagne petit à petit les autres continents.
Et bien sûr, les jours passent et on se rapproche du 21 décembre...

Le récit est mené tambour battant, les dégâts collatéraux sont nombreux, et l'état d'urgence est soigneusement bien entretenu par Dustin Thomason qui décompte les jours via les titres de ses chapitres. On débute le 11 décembre et jusqu'au 21 fatidique on ne saura pas comment cela va se finir. Les surprises, les embûches politiques-hospitalières, les perspectives financières du hobbing pharmaceutiques, les revirements de situation sont fréquents, prenants et parfaitement crédibles. Les explications scientifiques et médicales sont poussées, mais restent accessibles. Celles des glyphes en revanche, j'avoue avoir nagée un peu dans les explications, j'ai pris pour argent comptant ce qu'on me disait, mais jamais un "mais si, bien sûr" :)).

Dustin Thomason signe là un thriller époustouflant, que l'on ne peut reposer dès lors qu'on l'a commencé. Je dirai presque que c'est dommage que le titre parle trop de cette date fatidique de fin du monde qui finit par saouler et sans doute écarter certaine personne de cette lecture uniquement à cause de ça !
Amateur de bon thriller, n'hésitez surtout pas, foncez chez votre dealer préféré, c'est de la bonne came.
Moi, pour ne pas être en manque, il faut que je me procure absolument tout de suite La règle de quatre !

D'autres avis éclairés chez AcrO , Hécléa et My

4 commentaires:

  1. C'est vraiment un thriller ? Quand j'ai lu ce livre, je n'ai pas eu réellement peur et comme je ne sais pas bien définir l'étiquette "thriller"...
    "les revirements de situation sont fréquents, prenants et parfaitement crédibles" je suis bien d'accord :D C'est d'ailleurs ce qui différencie un bon d'un "mauvais" roman basé sur l'apocalypse.

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    1. C'est vrai que l'appellation est discutable là...faut considérer la "cause" comme le serial-killer quoi !

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  2. Il maintient le lecteur dans un état de stress permanent et m'a franchement mis un doute, et si un jour une telle chose finissait par arriver.... (sans parler de 21 décembre ou toute autre date "fatidique" :P )

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    1. Il prend bien aux tripes oui, c'est clair !

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