vendredi 20 avril 2018

PAPA DE PAPIER de Nadia Coste



Editions SYROS Jeunesse
Collection Tempo
128 pages
6.95 euros
Sortie: 11/01/2018



Aujourd'hui, Ayrton a obtenu un 18 pour son dessin de chat au fusain. " Tu as un don ! " a écrit le professeur. Maintenant il faut rentrer à la maison... Son père ne sort plus de chez eux et s'en prend de plus en plus souvent à sa mère et à lui, avec des mots très durs et injustes. Alors quand Ayrton trouve sur son balcon un chat exactement identique à celui de son dessin, il commence à croire en son pouvoir et décide de l'utiliser pour créer un papa de papier...






Ayrton, jeune collégien, élève de sixième, aimerait bien avoir des potes et intégrer un groupe comme on le voit dans toutes les séries. Quand on arrive au collège, ce n'est pas facile de créer des liens. Mais heureusement il connaît Romain. Peut-être pas le plus fréquentable des garçons, car il est le genre premier de la classe avec des bonnes notes dans toutes les matières ou presque (sauf en art plastique et en sport), et puis il y a Lia aussi qui lui a fait un sourire. Un bon début non? Deux garçons, une fille, ça en jette, un peu comme s'ils étaient Harry, Ron et Hermione.

Le truc c'est que pour créer des liens il aimerait bien les inviter chez lui, mais vraiment ce n'est pas possible. Depuis que son père est au chômage, Ayrton ne le reconnaît plus. Oui il était déjà un peu maniaque sur les bords avant, mais ça ne l'empêchait pas de rigoler et de jouer avec son fils. Depuis, tout a changé. Le père d'Ayrton trouve son équilibre dans un contrôle total de la vie de tous les jours, que ce soit le ménage, les horaires de sa femme ou de son fils. Il devient un vrai tyran. La mère d'Ayrton dit que ça passera que le père a un moment difficile. Ayrton comprend bien, mais la situation empire. Ayrton aimerait bien pouvoir y faire quelque chose, retourner en arrière quand tout allait bien. Alors dans sa tête de gamin, il se dit que s'il avait des pouvoirs magiques comme tous ces héros que l'on voit à la télé ou au ciné, ça aiderait drôlement ...

Nadia Coste, vous la connaissez et si vous suivez ce blog, vous savez qu'on l'aime beaucoup. Et ce petit roman ne fait pas exception à la règle. Pourtant bien loin de nos thèmes habituels de fantastique et de fantasy (quoique ...), ce livre se dévore d'une traite. Il n'est pas bien long vous me direz. C'est sûr, mais c'est surtout la plume magique et envoûtante de Nadia qui en est la raison.

Le lecteur s'approprie Ayrton en quelques lignes. Un gentil gamin, qu'on a envie d'aider. Un môme qui ne comprend pas ce qui lui arrive, qui culpabilise et se demande ce qu'il a pu faire pour que la situation dégénère à ce point. Alors dans sa tête de môme, il va s'inventer la solution, se créer des pouvoirs magiques qui vont l'aider à rétablir la paix dans son foyer. Bon sang, ce qu'il est touchant ce gamin et ce qui est dingue, c'est que toute adulte que je suis j'y ai cru aussi moi à sa magie. Il m'a emportée avec lui et je n'avais qu'une envie c'est que ça marche.
Et ça a marché ...
Peut être pas comme prévu, mais ça a marché.

Ce qui a surtout marché, c'est mon envoûtement. J'ai été prise sous le charme des mots, d'Ayrton et du talent de Nadia Coste. J'étais partie pour lire quelques pages, histoire de découvrir le roman, et je me suis retrouvée subitement en train de lire la dernière page.

Papa de papier est un roman à mettre dans toutes les mains, grands ou petits. Vous serez forcément touchés par Ayrton ... et complètement séduits par le talent de sa créatrice, Nadia Coste.


jeudi 19 avril 2018

En avril chez LES MOUTONS ÉLECTRIQUES






LANCENT EN AVRIL

LEUR NOUVELLE COLLECTION :

LES SAISONS DE L'ÉTRANGE



Avec six parutions prévues en 2018








mercredi 18 avril 2018

Partenariat spécial Mois2 FABIEN CERUTTI



Les Éditions Mnémos s'associent à Bookenstock

et vous proposent :



pour poursuivre l'aventure :

4 exemplaires du Tome 4



rho cette couv ! ♥♥♥

dont voici la 4ème de couv provisoire :

Quand le Bâtard de Kosigan a appris que le Testament d’involution promettait les pouvoirs des dieux anciens à ceux qui parviendraient à l’accomplir, cela l’a fait sourire. Mais à présent qu’il se retrouve coincé entre sorcières et Inquisition, le goût de l’ironie lui a passé. Lui qui était simplement en quête des origines de sa mère va s’offrir un face à face avec le destin, et il n’est pas certain qu’il en sorte vivant. 
À l’autre extrémité du temps, en 1900, Élisabeth Hardy doit choisir les invités à son mariage parmi les ennemis de l’Arche, et une course contre la montre s’engage pour dévoiler les secrets du passé.

Et si l’origine du plus grand lac de la région de Cologne avait un rapport avec une prophétie réalisée en 1341 ? Et si cette même année, le chevalier de Kosigan avait réveillé des forces qui le dépassent ? Et si le destin de sa postérité se jouait cinq siècles plus tard dans la cave voûtée d’un bistrot parisien ? Et si les secrets révélés dans ce livre étaient dangereux ? Et qu'en les découvrant, vous deveniez complice...



Pour découvrir son fameux Bâtard
qui vaut franchement le détour !

4 exemplaires du Tome 1






Pour postuler à ce partenariat, il suffit d'un mail, si vous êtes ok avec les règles.




LE MAIL :


adresse : lemoisde[at]gmail[point]com

intitulé : partenariat le mois de Fabien Cerutti


avec :


* l'adresse de votre blog
* votre pseudo, si vous en avez un sur livraddict/facebook/bit-lit.com/google+ etc..
* votre nom et adresse 
* nous précisez votre choix : T1 ou T4




Les résultats du partenariat seront annoncés dans un billet dans les jours qui suivent. Nous ne prévenons pas les bénéficiaires par e-mail.




LES RÈGLES :




* Nous envoyer un mail pour annoncer que vous avez bien reçu le livre.


* Lire et chroniquer ce roman au plus tard le 25 juin 2018, avec les liens vers Bookenstock dans votre chronique , et nous envoyer votre lien également.


* Annoncer le Mois de Fabien Cerutti sur votre blog au début du mois de juin.


* Venir participer au Mois de Fabien en posant plusieurs questions (ou commentaires) pendant son "Mois de ...".



Le partenariat restera ouvert plusieurs jours. Notre choix se basera sur des critères totalement subjectifs tels le "plouf plouf" ou le "choipeau" voire même le "ça sera toi qui ..."







Le mois de juin sera le mois de...




Fabien CERUTTI



et de son Bâtard  =D


Fabien nous fait l'honneur de partager ce mois de juin en notre compagnie, l'occasion donc de le connaître un peu plus, de papoter, de râler, voire de le lyncher en place publique pour son dernier affreux cliffhanger !!!

Alors, m'sieur Cerutti c'est :

Chez Mnémos :








et très bientôt, début juin...


Fiou que j'aime cette couv !!!




Chez Folio SF




Restez dans les parages, un partenariat arrive !


mardi 17 avril 2018

14 - 14 de Silène Edgar et Paul Beorn (Dup)




Éditions Castelmore
270 pages
5,90 euros


4ème de couv :

Hadrien et Adrien, deux garçons de 13 ans, habitent à quelques kilomètres l'un de l'autre en Picardie. Tous deux connaissent des problèmes à l'école, des troubles sentimentaux, des litiges avec leurs parents. Une seule chose les sépare : un siècle. Leurs destins vont se mêler et une faille temporelle leur permet d'échanger du courrier...






À force de n'entendre que du bien de ce petit roman, qui plus est destiné aux collégiens (donc qui se lit très vite) et venant tout juste de finir le merveilleux Calame, je me suis décidée à glisser ce livre entre deux lectures obligatoires, au risque de faire une overdose de Beorn. Je l'avais sous la main vu que je l'avais acheté en même temps que Phooka l'an dernier, mais pas lu, comme d'hab...

Et moi qui, contrairement à cette dernière et son loustic, n'apprécie pas spécialement les récits historiques (j'ai une dent toute scolaire contre cette matière...), je me suis laissée emballer par cette belle histoire pleine de magie. 

On a donc le Adrien de 2014 et le Hadrien de 1914, 13 ans tous les deux, habitants pas loin l'un de l'autre. Le premier dans la petite ville de Laon, le second dans le village rural de Corbeny. Tous deux amoureux : Marion pour le sans H, Simone pour le H. 

Alors qu'Adrien remplit sa corvée annuelle de début janvier, une lettre de voeux à son cousin et part la poster, il découvre sur le trottoir devant chez lui une nouvelle boite aux lettres, bleue alors que normalement elles sont jaunes. Sa lettre va être distribuée un siècle plus tôt à Hadrien qui s'empressera d'y répondre et découvrira à son tour une drôle de boite aux lettres jaune et non bleue...

Une relation épistolaire magique va ainsi se nouer entre les deux garçons qui aura au début toute la saveur de l'incompréhension. L'écriture appliquée et à la plume de l'un fera face aux gribouillis rapides au bic de l'autre qui préférerait passer aux sms sans fioritures. Et tout est à l'avenant, c'est délicieux. 

Paul Beorn s'est occupé de l'ado actuel, Silène Edgar de celui du siècle dernier. Franchement ces deux (H)Adrien auraient pu porter un prénom identique tant les styles sont différents et merveilleusement bien adaptés à leurs époques respectives. On sait dès la première ligne de chaque chapitre à qui on a à faire et la symbiose est réussie.

Ces deux ados ont les mêmes types de soucis : un problème relationnel avec leurs parents, une petite soeur adorable à chouchouter, une aisance scolaire mais des difficultés annexes, une amoureuse avérée ou espérée. Ils vont s'entraider mutuellement dans tous ces domaines.

Mais le must bien sûr sera la trame de fond que l'on attend, à savoir la première guerre mondiale. Lorsqu'ils auront réalisés qu'un siècle les sépare, lorsque Adrien surtout réalisera que dans un futur très proche pour Hadrien les allemands vont déferler sur la Picardie en passant par la Belgique, et que de Corbeny il ne restera plus rien étant situé sur le tristement célèbre Chemin des dames, c'est la panique. Les petits soucis du quotidien évoqués plus haut vont passer au second plan, il y a urgence à sauver son ami, sa famille. 

J'ai adoré cette lecture et la conseille vivement aux ados comme aux parents, c'est un délice dont il ne faut pas se priver. On ne peut qu'être touché par ces deux gamins dont la vie n'est pas facile, dont l'avenir pour l'un est sombre. Cette amitié qui naît à travers le temps est juste magique et passionnante. C'est un coup de cœur évidemment, et je précise que trop de Beorn ne tue pas l'envie de lire du Beorn :))


lundi 16 avril 2018

FALL de Candice Fox





Éditions Michel Lafon
475 pages
19,95 euros


4ème de couv :

Si Frank Bennett se concentre assez, il peut parfois oublier que sa partenaire au département des homicides de la police de Sydney, Eden Archer, est aussi une serial killer.

Heureusement que leur nouvelle enquête va lui changer les idées. Dans les parcs de Sydney rôde un prédateur et le temps n’est plus au running… Une première victime est retrouvée défigurée. Alors que l’enquête avance, la petite amie de Frank, Imogen, enquête sur un cold case : deux enfants disparus vingt ans plus tôt, Eden et son frère !
Et il est clair qu’à poser trop de questions en lien avec eux, vous pourriez vous retrouver enterré aussi profondément qu’Eden a enterré son passé… 





Attention, spoils sur les tomes précédents.

Alors que Franck dans le tome précédent s'était remis doucement de la perte violente de sa compagne dans les bras d'Imogen, la psy qui l'a soigné (Han !!! Pas bien !), il doit maintenant surmonter le choc d'avoir failli perdre Eden, sa coéquipière. Celle-ci qui a été rien moins qu'étripée dans l'enquête précédente trouve sa convalescence bien longue et les séquelles qu'elle traîne bien handicapantes pour sa double activité. Ainsi quand apparaît une nouvelle affaire, Eden va tout faire pour qu'elle leur échoit, masquant à tous les douleurs qui l'assaillent en permanence.

Dans la ville de Sydney, un tueur est en passe de réclamer le titre de serial-killler lorsque l'on retrouve des jeunes et jolies joggeuses sans vie dans les parcs. Ces corps sont retrouvés défigurés avec un acharnement euh... pathologique ! 

Parallèlement nous suivons Imogen, notre psy si peu déontologique, qui montre elle aussi une double activité. Déjà que je ne l'aimais pas beaucoup dans le tome 2, ce n'est pas allé en s'améliorant ! Une Imogen frustrée d'avoir été recalée au concours d'entrée dans les forces de l'ordre s'intéresse aux  affaires non résolues, si et seulement si il y a une récompense financière of course. Pas de chance pour elle, elle décide de fouiner dans le passé d'Eden (que nous, nous connaissons via le tome 1). Et ça ne va pas plaire, ni à Eden, ni à Hadès...

Candice Fox reprend dans ce tome 3 un peu le mode de construction des deux autres volumes en insérant de ci, de là quelques chapitres concernant un autre personnage. On comprend tout de suite que c'est le tueur que recherche Franck et Eden. Les nombreux flash-backs le concernant nous permettent de comprendre le pourquoi, pas toujours le comment. Je n'en dirai pas plus bien évidemment. Le fait de mettre le lecteur omniscient augmente encore l'angoisse à la lecture lorsque notre tandem passe à côté de la plaque ou se fourvoie dans la mauvaise direction.

Cette construction est piégeuse au possible, une fois démarré ce thriller est impossible à reposer. Voilà une jeune auteur qui maîtrise à la perfection son affaire, c'est bluffant. Les approches psychologiques des personnages sont vraiment bien soignées. Eden bien sûr qui est quand même un cas à part. Et ce que j'apprécie c'est que l'auteur la fait consciente de son manque d'empathie. Sans dire qu'elle lutte contre, tout du moins essaie-t'elle de se comprendre. Quant à Franck, il supporte de moins en moins de devoir taire l'activité nocturne de sa partenaire. On sent qu'on se dirige vers un clash...

Une trilogie qui s'achève sur une double enquête angoissante, une qu'on aimerait voir aboutir au contraire de la seconde. Quant à la conclusion des rapports entre Franck et Eden, elle est ma foi surprenante, un poil frustrante néanmoins. Une série que je conseille grandement aux amateurs du genre. Outre le fait qu'elle est excellente, elle nous permet de découvrir un petit bout de l'Australie et la ville de Sydney, et ma foi c'est tout bonus. Une auteur que j'espère suivre encore longtemps !




samedi 14 avril 2018

Grésimaginaire : La récolte...



Place au jeune, si, si, au singulier : 
La récolte de "mini-Phooka"... qui fait une tête de plus que sa mère :))




Place à la mère maintenant,
qui est d'humeur taquine et vous les a collés à l'envers :D





Et enfin place à l'aînée, la vieille quoi !



Quant aux dédicaces, elles sont toutes plus sympas les unes que les autres, 
mais on ne va pas vous saouler avec ça...
En revanche on va partager avec vous les dessins de Gabriel Katz,
car comme d'habitude cela vaut son pesant de cacahuètes.

Surtout le triptyque sur les 3 tomes du Puits des mémoires !







J'adore !!!

Et enfin, mon Nils et son air aimable :))




Le prochain billet "Salon littéraire" sera pour les Imaginales, et on peut déjà vous dire 
ÇA VA FAIRE MAL...

vendredi 13 avril 2018

ARMADA d'Ernest Cline


Editions Hugo et Cie
414 pages
19.95 euros



Beaverton, Oregon, USA. Zack Lightman rêve d’un autre monde. Son père a disparu tragiquement, sa mère rentre tard chaque soir, et au collège, il passe le plus clair de son temps à défendre le souffre-douleur de sa classe. Il ne se sent chez lui qu’au Starbase Ace, la salle de jeux vidéo où ses réfl exes, son intuition, son sens de la stratégie lui valent déjà une belle réputation. De là à ce qu’un ATS-31 sorti tout droit de l’univers virtuel d’Armada se pose sous ses yeux dans un rugissement de tuyères…





D'Ernest Cline j'avais adoré Ready Player One, qui m'avait vraiment transportée dans les années 80 (ma jeunesse à moi Vénérable mémé). Récemment je suis allée voir le film de Spielberg qui m'a tout autant transportée. Alors quand Babélio a proposé ce Armada pour le dernier Masse Critique, je n'ai pas pu résister.

Zack est un geek, un vrai. Depuis la mort de son père alors qu'il était bébé, il a trouvé son équilibre dans les jeux vidéos et dans toute la culture qui les entoure. Mais plus encore, il a retrouvé tous les souvenirs de son père dans des malles au grenier et son père était lui aussi un accro des jeux vidéos. Il se plonge ainsi dans les anciens jeux (on parlerait de retrogaming de nos jours), mais aussi dans tous les vieux films de SF qu'il a retrouvé dans le grenier. Zack voue un culte à son père, même si son comportement lui pose de gros problèmes. En effet, le père de Zack a laissé une sorte de journal au grenier et dans ce journal il avance des hypothèses surprenantes comme quoi les jeux vidéos dans lequel le joueur est censé se battre sous la forme de robots ou de vaisseaux spatiaux, seraient une sorte d'entrainement en cas de réelle alerte contre des envahisseurs extra terrestres. Preuves à l'appui ... De là à penser que son père était fou il n'y a qu'un pas. Zack a toujours ce sentiment ambivalent.
Ce qui est sûr cependant c'est que Zack fait partie des meilleurs pilotes d'Armada. Armada est un jeu dans lequel Zack pilote des drones pour descendre des vaisseaux ennemis. Aux commandes de son drone il est quasi imbattable, au point qu'il intègre le top 10 des meilleurs joueurs. Il devient même sixième du classement, ce qui en fait une sorte de star.

Jusqu'au jour où pendant un cours de math encore plus ennuyeux que d'habitude, il voit  un Glaive dans le ciel. Non pas une épée, mais un chasseur de combat alien. Persuadé qu'il devient fou à son tour, Zack s'enfuit du collège et se réfugie dans le grenier. Que disait son père à propos des jeux qui préparaient à une invasion alien?

Alors va commencer une aventure extraordinaire pour Zack, quand la réalité rejoint la fiction. Quand le jeu vidéo entre dans la vraie vie.

Zack est un ado sympa, très geek, mais hormis son classement dans le jeu Armada, il n'a rien d'extraordinaire. Il bosse dans un magasin de jeux vidéos pour gagner quelques sous, et sa vie de résume à ses deux potes avec qui il joue en ligne le soir. Il n'est pas un élève brillant, bref c'est un gamin moyen comme il y en a beaucoup. A priori rien ne le prédestine à ce qui va arriver. C'est un personnage attachant, surtout qu'on sent à quel point l'absence de son père le perturbe. Et pourtant sa mère assure, il en est bien conscient.

On retrouve toute la "geekerie" de Cline dans Armada. Des tonnes de références musicales et cinématographiques et bien sûr tout ce qui touche au jeux vidéos des années 1980/1990. Évidemment, à moi ça me parle beaucoup et ça me plaît, mais je ne peux pas juger de l'effet produit sur quelqu'un qui n'a pas ces références ou pour un non joueur.

En cela, Armada est beaucoup moins abouti que Ready Player One. Il est moins accessible au grand public à mon avis, mais aussi moins réussi. Ready Player One, c'est du pur plaisir, alors qu'Armada présente quelques longueurs et quelques facilités narratives qui agacent un peu. Cependant, cela reste un roman agréable à lire, même s'il est parfois un peu prévisible.

Armada est un roman typé Ernest Cline dans le sens où on retrouve tout son univers geek des années 1980. Le héros est sympathique, mais certaines situations un peu trop attendues ou faciles. Quelques longueurs cassent un peu le rythme du récit. Clairement Armada est moins abouti que Ready Player One, néanmoins il se lit avec plaisir. Si vous ne connaissez pas l'auteur je vous conseille plutôt Ready Player One. Si vous le connaissez et que vous avez envie de vous replonger dans son univers, n'hésitez pas à découvrir Armada.



tous les livres sur Babelio.com

jeudi 12 avril 2018

CALAME # 1 - LES DEUX VISAGES de Paul Beorn



Tome 1

LES DEUX VISAGES




Éditions Bragelonne
480 pages
25 euros


4ème de couv :


Après un an de guerre civile, la rébellion contre le "Roi Lumière", le tyran de Westalie, est écrasée dans le sang. Son chef légendaire, Darran Dahl, est tué, ses partisans dispersés ou jetés au cachot.



Parmi eux, la jeune Maura, sa lieutenante. Le célèbre légendier D’Arterac lui propose un marché : son exécution sera suspendue le temps qu’elle lui raconte la véritable histoire du chef rebelle, ce mystérieux guerrier aux origines obscures, que l’on prétendait indestructible.


Mais profitant de ce sursis, Maura prépare peu à peu son évasion pour reprendre la lutte…






Autant l'annoncer de suite, cette lecture a été un énorme coup de coeur, et je ne dis pas cela parce que nous recevons l'auteur ce mois-ci. Ce roman de 480 pages, je l'ai avalé en deux jours, et pendant ces deux jours, les moments où il n'était pas dans mes mains, j'avais la tête en permanence auprès des personnages de Paul et qu'une seule envie : les retrouver.

Dès le premier chapitre l'auteur nous plonge dans son univers moyenâgeux, la Westalie, aux côtés de rebelles qui s'apprêtent à attaquer la forteresse où vit le Roi Lumière afin de mettre fin à son règne tyranique. On découvre alors Darran Dahl, le guerrier qui dirige la rébellion et à ses côtés, sa jeune lieutenante Maura (à prononcer Ma-o-ra... si vous y arrivez ! :)). L'attaque est un fiasco, les pertes sont nombreuses et déstabilisantes car celui que je prenais pour le personnage principal est tué, Maura et les survivants mis aux cachots.

Je ne lis jamais les 4ème de couv avant de démarrer un livre, préférant me garder toutes les surprises...et je n'ai pas été déçue, fiou ! Mais là, le coup de génie de l'auteur, c'est que Darran Dahl sera malgré tout le personnage principal de ce roman. Le Roi Lumière envoie dans ses geôles son meilleur légendier, le conte D'Artenac recueillir le récit des hauts faits de Darran Dahl afin de créer une légende qu'il espère négative. D'Artenac va donc interroger principalement Maura, mais elle ne sera pas la seule.

Ainsi nous allons naviguer entre le présent où Maura organise son évasion et le passé sous forme de belles tranches de souvenirs remontant à l'enfance de cette dernière. Franchement j'ai eu l'impression d'être replongée dans le merveilleux Le nom du vent de Patrick Rothfuss. Quel plaisir !

Que dire des personnages sinon qu'ils ont une sacrée étoffe. Maura est le type même de personnage que j'adore. Fonceuse, rebelle, entière... avec un sale caractère. Elle n'a pas la langue dans sa poche et Paul lui prête bien de l'humour :
Extrait page ? (lu en epub)
"Les soldats c'est comme les homards, n'est-ce-pas Grönte ? Il y a cette fichue carapace à briser, avant d'y goûter..."
Maura ne se laisse pas marcher sur les pieds, même si elle doit en payer les conséquences. Et elles sont nombreuses dans un univers où les femmes ne sont rien, le tyran ayant décrété qu'elles étaient "sans âme". Son aptitude à la magie, qu'elle s'est découverte adolescente, la rend pire que rien, la rend sorcière et candidate au bûcher... 
Darran Dahl, que nous découvrons à travers le récit de Maura, est un personnage rustre et perturbé par une perte, mais foncièrement honnête lui aussi. Au fil du récit apparaissent les véritables raisons de sa quête et cela n'en est que plus poignant puisqu'il est mort.
Il y aurait tant à dire également sur les personnages secondaires. D'artenac et sa magie de légendier : une main qui lui signale les mensonges, une autre les omissions. Ses légendes qui se diffusent à travers tout le royaume par le biais des Pierres-qui-parlent. Alendro, le comédien-filou à la tchatche toute italienne, etc...

Ce qui m'a passionnée également dans ce roman c'est le système de magie imaginé par Paul Beorn qui a pas mal d'originalité. Tout le monde ne reçoit pas l'appel de la magie, loin s'en faut. Mais pour ces derniers elle est unique et vraiment caractéristique de chacun. Je n'en dirai pas plus pour vous laisser découvrir cela, ainsi que la façon dont elle se développe. J'ai adoré le principe en tout cas, que j'avais déjà lu appliqué à des divinités dans un autre roman dont le nom m'échappe, et c'était génial aussi. 

Ce premier tome d'un diptyque annoncé prend fin non pas sur un cliffhanger mais sur un coup de théâtre qui m'a complètement bluffée et qui a agit comme tel car je n'ai qu'une envie, pouvoir découvrir la suite. Qui m'a également fait revenir en arrière dans ma lecture pour relire certains passages et voir comment je me suis faite rouler dans la farine ! Calame est un roman de fantasy à se procurer de toute urgence. Vous pouvez y aller les yeux fermés, enfin, c'est une façon de parler hein !

mercredi 11 avril 2018

Passage éclair aux QDP 2018



Après Grésimaginaire... je n'en avais pas assez : 

Place aux QUAIS DES POLARS !



Changement de genre donc avec mes Thrillers/Polars.

J'avais déjà fait mon planning grâce à... l'imprimante de Phooka :))* des auteurs "abordables" = file d'attente inférieure à 30 personnes (exit donc Franck Thilliez, Michel Bussi...etc)

*: ne croyez rien de ce qu'elle peut vous dire !

Olivier Norek - lucioles / 14-15
Karine Giebel - decitre / 14.30-15.30
Sandrine Collette - musicalame / 14.30-16
Patrick Bauwen - vivement dimanche / 16.30-17
Sonja Delzongle - musicalame - 16.30-18h

J'arrive devant le Palais de la Bourse à 14h15, et comme d'hab la queue pour entrer... ça va être chaud pour voir Norek !



Finalement on entre assez vite, mais là damned, au moins 15 personnes devant moi. J'ai failli abandonner, puis zut, je tente ! C'est surtout pour voir "monsieur Coste" que j'ai décidé d'aller aux Quais. Agadez comme j'ai bien fait :



Un poil épuisé Olivier Norek !
Heureusement Entre deux mondes est costaud :D
C'est sa dernière dédicace, il est attendu en conférence.


Je fonce vers Karine Giebel. Deux personnes devant elle ! Miracle ? Et non... c'était trop beau ! Sa file d'attente est reléguée dans un couloir à l'extérieur de la salle et gérée par deux bénévoles. Je prends ma place derrière une vingtaine de personnes mais n'y crois guère, encore une fois. Il y a pourtant encore bien du monde qui s'empile derrière moi... La file est distraite par BePolar qui cherche à filmer des festivaliers volontaires pour faire une sorte de cadavre exquis. Vous connaissez mon amour pour les micros... n'est-ce-pas Joyeux-Drille ?
Mais la file avance, doucement mais sûrement, l'heure est largement dépassée quand c'est mon tour : pas de conférences derrière, pas de train, une voiture qui attend et Karine sympa qui repousse son heure de départ !
J'ai pu donc lui dire tout le bien de son "petit" dernier de 736 pages : Toutes blessent, la dernière tue pendant qu'elle me dédicaçait mon "biscuit apéro" D'ombre et de silence 




Il est presque 16 heures passées mais je repère Sandrine Collette encore là, debout devant sa place. Encore faut-il que je l'atteigne... moi je peux me faufiler facilement, mais ma charrette moins. Tant pis, j'écrase quelques pieds et la rattrape au vol ! En plus j'en ai deux à faire dédicacer car je ne suis pas allée aux QDP l'an dernier : Les larmes noires sur la terre et Juste après la vague.


De reparler de Juste après la vague me replonge dans un maelstrom de sentiments forts qui doivent se voir car...


Désolée, il y a la queue de mon chat qui me fait 
le pot de colle comme si j'étais partie 15 jours !


Je continue mon programme, repère la place de Patrick Bauwen, vide mais personne n'attend non plus donc je commence la file ! Et j'en profite pour héler et réclamer un sourire à Michel Bussi, juste derrière dont la file d'attente est juste ahurissante.



Et enfin j'ai droit au beau sourire et la bafouille de Patrick Bauwen. De ce monsieur j'avais lu avant le blog L'oeil de Caine et Monsters, puis Seul à savoir. 3 livres, 3 coups de coeur. Depuis j'ai acheté les suivants...mais pas lu. Comme d'hab quoi lorsque ce n'est pas un service presse :(
Il me dédicace son dernier Le jour du chien que j'ai apporté et espère lire bientôt...





Il ne me reste plus qu'à retourner au stand où se trouvent les auteurs Denoël pour voir Sonja Delzongle. Plus un seul Boréal ! Heureusement que je l'avais déjà hein :)) Elle est toujours aussi sympa, c'est un plaisir de discuter avec elle.




À noter que j'ai été super raisonnable ! Je voulais acheter Phoebia, une anthologie où on retrouve une nouvelle de Sonja,  mais impossible de l'acheter à ce stand, du coup je n'ai rien acheté !  Oo. 
Du jamais vu !!!

Et voilà, mission accomplie. Et comme je ne veux pas me laisser tenter, ayant suffisamment craqué la veille, c'est donc le retour dans le Jura ! Bye bye Lyon.



Troisième volet de l'ITV de Paul Beorn






Pour retrouver le premier volet, c'est ICI
le second  PAR LÀ








          Dup — Tu as pensé aux épieux ?
     Phooka — Ils sont dans le sac.

Dup — Et aux pièges ?

     Phooka — J’en ai posé plein à l’entrée de la grotte.

Dup — Tu crois qu’il mord ?

     Phooka — Qu’est-ce que tu crois : c’est un ours. Attention, Dup, il y a un truc par terre !

Dup — Oups, désolée, j’ai marché dessus. 

     Phooka — C’est un crâne humain, je crois. Fais gaffe aussi au fléau d’armes qui traîne, et à la hache à deux mains… Dis donc, tu as entendu ces ronflements ?

Dup — Oui, ils font trembler les parois. 

     Phooka — Il doit être énorme. 

Dup — Bon, on récapitule : je sors le pot de miel pour l’attirer. Tu lances le filet. Et ensuite, on le fait parler.

     Phooka — Et si ça tourne au vinaigre, on s’enfuit et il se prend dans mes pièges.

Dup — Ça va bien se passer.
     Phooka — Attention, Dup, il y a encore un truc par terre ! 
Dup — Oups, désolée, j’ai marché dessus.
          Beorn — Aïe ! Ouille !
     Phooka — On dirait un ourson en peluche tout doux. 
Dup — Salut, l’ourson. Dis, ton papa est à la maison ?
          Beorn — Je vous reconnais, vous deux. Vous êtes Dup et Phooka, les célèbres tortionnaires d’auteur. Au secours ! À l’aide !
     Phooka — Monsieur Beorn ? C’est vous ??
Dup (chuchotis) — Tu crois qu’il faut lui lancer le filet ?
     Phooka (chuchotis) — On va garder le filet dans le sac pour le moment.
     Phooka (tout haut) — Monsieur Beorn, vous allez tout nous dire ! Des tas de gens vous attendent dehors, vous allez répondre à leurs questions, livrer tous vos secrets ! Si vous résistez, nous…
          Beorn — Je ne résiste pas, je leur dirai tout ! Je leur chanterai la Marseillaise, je danserai nu sur une table ! Mais par pitié, je vous en supplie… Enlevez votre pied de ma patte !
Dup — Oups, désolée, je n’avais pas vu que j’avais marché dessus.
     Phooka (chuchotis) — Ça se revend sur leboncoin, des pièges à ours état neuf ? Je crois qu’on n’en aura pas besoin.

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Aely :

J'avoue avoir fait ma curieuse aussi et être aller voir les dossiers pédagogiques proposés aux enseignants pour 14-14.
Avez-vous participé aussi à ceux-ci? Ont-ils été créés à partir de vos propres besoins pour créer ce roman ou est-ce un choix à part des éditions Castelmore.
J'ai hâte que ma fille soit un peu plus âgée (elle n'a que 8 ans ) pour lui mettre entre les mains.

Merci pour cette émotion que vous avez su transmettre et cette passion dans un sujet qui semble perdre de son importance pour les générations actuelles.


Paul :

Les documents pédagogiques ont été écrits par Silène Edgar à la demande de Castelmore, après l'écriture du roman. Silène en écrit par ailleurs pour d'autres romans et d'autres éditeurs, c'est l'une de ses activités et elle est très douée pour cela. Pour 14-14, elle m'a demandé mon avis et on en a un peu papoté avant qu'elle ne les remette à l'éditeur.
Et merci et votre merci. :)
En effet, les circonstances de cette guerre, aujourd'hui un peu oubliée, m'ont toujours passionné. Je suis content si j'ai pu transmettre un peu de cette passion à nos lecteurs.


Phooka :

Comme Dup et moi étions à Grésimaginaire ce weekend, j'arrive avec une question "salon". Est ce une activité que tu aimes? Quels sont les contacts que tu as avec tes lecteurs (ours mal léché ou attiré par le pot de miel ? :)). Es tu à l'aise pour taper la discussion avec les gens qui viennent te voir? Bref, comme se passe un salon pour toi!

Paul :

Oh, j'adore les salons ! C'est toujours un peu étrange, un salon. Dans la vraie vie, je suis Paul Couaillier, salarié et voisin de palier, à qui on parle de sortir les poubelles et d'indicateurs de performance. Sur un salon, j'enfile mon costume d'auteur, les gens m'appellent Paul Beorn et ils me parlent de fantasy. C'est comme pour Clark Kent et Superman, les lunettes en plus.

J'aime beaucoup rencontrer des lecteurs et papoter un peu avec eux. Ce sont de chouettes moments qui me permettent de ne pas oublier que publier un roman, ce n'est pas juste corriger un pdf de l'éditeur et recevoir des chiffres de vente, c'est toucher des gens, de vrais gens, avec de vrais coeurs, qu'on ne voit pas la plupart du temps mais qui font entrer mes romans dans leur vie.



Régina Falange :


Quand on regarde votre bibliographie, on voit qu'il y a quand même plusieurs genres (même si l'imaginaire se trouve toujours dans le coin) et qu'il y en a du jeunesse du Y-A, du plus adulte. Lorsqu'un nouveau projet débarque, qu'est-ce qui se manifeste en premier dans votre esprit? l'univers? un passage? un ou plusieurs personnages? Le futur public visé?

Paul :

C'est tout à fait vrai, j'écris dans des genres et pour des publics différents, ce qui me joue des tours d'un point de vue purement commercial, semble-t-il (mais je ne calcule pas ce genre de chose, je ne peux pas écrire d'autres histoires que celles qui me hantent). En général, un roman naît d'une scène très précise, qui me vient avec tous les détails. Pour Jal, c'est la scène d'ouverture. Pour 14-14, Corbény en 2014. Pour Calame, la rencontre entre Maura et Darran. Souvent, dans cette scène apparaissent les personnages. Ensuite, vient le début de l'intrigue et enfin l'univers. Je sais que certains auteurs commencent pas l'univers ; moi, ce sont donc les personnages qui me viennent en premier.


Nemo :

Bonjour Paul, je ne crois pas que la question ait été posée, je suis curieuse de savoir comment tu en es venu à écrire? Depuis quand écris-tu et comment ton premier roman a-t-il été publié? est-ce que ton entourage t'a poussé, soutenu à envoyer ton manuscrit ou est-ce que tu n'as rien dit? bref, comment as-tu vécu cette aventure :-)

Paul :

Eh bien, c'est une question à sous-munitions, ça.

C'est une question gigogne ! Je vais essayer de répondre à toutes les poupées russes. :)

J'ai décidé d'écrire quand j'avais 5 ans, quand ma mère nous a lu Bilbo le hobbit, à mes frères, soeur et moi, c'est donc entièrement de la faute de Tolkien. Je ne savais pas encore écrire, mais ça ne m'a pas arrêté. Et pour mon anniversaire de 7 ans, j'ai demandé un calepin et un stylo, et je me suis mis au boulot. Je n'ai jamais arrêté depuis, même s'il y a eu des pauses.

Mon premier roman a été publié en 2010 par Mnémos, suite à un manuscrit envoyé par la poste (oui, un vrai, imprimé et relié). Je ne connaissais personne dans l'édition dans mon entourage. Je dois quand même préciser que j'avais choisi un éditeur qui publiait de la fantasy et surtout, qui publiait réellement des premiers romans. J'avais aussi participé à des appels à textes de nouvelles et la personne qui a choisi mon manuscrit avait déjà choisi l'une de mes nouvelles dans un petit comité de lecture. Donc je dirais que travailler son manuscrit et avoir de la chance, c'est très très nécessaire, mais que déployer beaucoup d'énergie à le caser, ça peut donner un coup de pouce aussi. A contrario, avant d'être publié, j'avais envoyé des manuscrits à de grandes maisons d'éditions de littérature générale ou pour ados, et je n'avais jamais récolté que des lettres types de refus.

Dans mon entourage immédiat, ma soeur et ma mère lisaient mes manuscrits. Ma femme me soutenait un peu aussi, mais l'écriture, ce n'était pas du tout son truc. Donc non, je ne cachais pas à ma famille que j'écrivais, mais je n'en parlais presque jamais. J'avais un peu honte, je crois, de ne pas être publié - ce qui est complètement stupide quand j'y pense. Par contre, je suis allé trouver sur internet des gens qui partageaient la même passion et ce sont eux, surtout, qui m'ont aidé par des conseils techniques, des encouragements, des relectures etc. Bien sûr, je les aidais aussi. La communauté que je fréquente est CoCyclics, mais il y en a beaucoup d'autres. 


Ramettes :

Bonjour
J'adore la présence des conseils de son ancien maître. Ça me fait penser à "kung fu" mon ici point de petit scarabée ... on sent un maître de guerre plus sombre. C'est une belle façon d'introduire le passé. .. Tu l'as fait dans quel but!?

Paul :

Je n'ai pas vraiment pensé au but, ou alors mon cerveau l'a pensé à ma place sans me dire pourquoi il avait eu cette idée. Je lui fais souvent confiance même s'il ne m'explique pas toujours ses raisons. En l'occurrence, en y réfléchissant, cette voix était très utile pour faire découvrir au lecteur, par contraste, la personnalité de Jal et la façon dont elle s'était construite sur le refus des conseils de Maître Hokoun. Je voulais ausi, je pense, épaissir mon histoire, la densifier, l'ancrer dans le passé.



Sia :

Bonjour Paul !

Pour ma part, j'ai lu avec beaucoup de plaisir 14-14 et Le Septième Guerrier-Mage (un énorme coup de cœur !). 

Tu as parlé un peu de Tolkien, mais y a-t-il eu d'autres romans qui t'ont marqué ou qui ont façonné ton imaginaire ?

Je ne connais pas bien ta bibliographie (mais de tête j'aurais dit qu'elle était plus imaginaire que polar), ni même ton métier, donc peut-être que ma question va être un hors-sujet total mais je me demandais si ton quotidien ne te donnait pas des tas d'idées d'enquêtes à écrire ? 
(Je vois peut-être ça d'un œil trop romanesque, ça doit être le mot "inspecteur" qui génère dans mon esprit des images de chapeau mou et de filatures dans des vieilles berlines américaines !)


Paul :

Merci ! :)
Oh oui, il y a énormément d'autres romans ! Bien sûr, j'ai plus été marqué par les lectures d'enfance ; pour donner deux exemples qui me viennent tout de suite en tête, Roald Dahl (Le bon gros géant, Sacrées sorcières... tous les Roald Dahl !) et Robert Merle, (surtout pour Malevil, une histoire post apo, un des meilleurs romans que j'ai jamais lus de ma vie), David Gemmell bien sûr. Mais il y en a bien sûr des dizaines d'autres (Le nom du vent, La croisée des mondes, Les princes d'Ambre, Harry Potter, La horde du contrevent... mon Dieu, il y en a trop !)

Ah ah ! Il n'y a pas, hélas, de chapeau mou ni de filatures dans mon métier (quoi qu'il me soit arriver de planquer dans une voiture à l'occasion). Il y a quinze ans, j'ai écrit un roman dont le personnage principal était un inspecteur des fraudes, mais il n'a jamais été accepté par un éditeur. Je devrais peut-être le ressortir des cartons, tiens ? Cela dit, oui, je pense qu'un auteur se nourrit de chaque moment de sa vie, donc les milliers d'heures passées à exercer, cela a forcément une influence aussi. Franchement, je pense qu'il y a de pires métiers pour un écrivain : au moins, je découvre tous les jours des affaires nouvelles, je rencontre toutes sortes de gens, je vis beaucoup de situations conflictuelles... C'est une excellente source de stimulation !



Dup :

Bonjour Paul,

Je rebondis sur ta réponse à Sia !

Tu as fait resurgir en moi toutes les émotions que j'avais éprouvées en lisant Malevil, il y a vraiment vraiment longtemps car j'avais lu ce roman vers 17-18 ans... pour ça merci !
Comme tu pourras le lire dans ma chronique, Calame m'a évoqué Le nom du vent de Rothfuss, alors voici ma question : Comment trouves tu le temps de lire avec tes deux métiers ? Fais-tu tout en parallèle ou plutôt des périodes écriture et d'autres que lecture ?

Et pour en revenir à ton boulot qui m'interpelle pas mal, as-tu vu le film (un nanar il faut bien le dire !) "Signes extérieurs de richesse" ? Probablement je pense, car il concerne ton métier d'une part et Claude Brasseur interprète le mien =D Bon, c'était la belle époque où les vétos étaient pétés de tunes quoi, je ne crains plus rien, mdr.

Sinon, je pourrais te conseiller un polar qui m'avait beaucoup plu sur ce sujet, c'est Morofisc de Patrick Lambert qui met en scène un sérial killer qui s'en prend aux inspecteurs des impôts =D 

Paul :

Ah, toi aussi, Malevil !! :)
Je suis très très fier que tu évoques Rothfuss, Le nom du vent a été un immense bonheur de lecture pour moi. 
Comment je trouve le temps de lire ? À vrai dire, je ne le trouve pas, donc je me fais des "mois de lecture" où je m'interdis d'écrire pendant 30 jours pour pouvoir lire plusieurs romans à la suite. Non seulement c'est un besoin vital pour moi, comme de respirer, mais les livres des autres nourrissent ma propre créativité et donc, je considère qu'ils font partie de mon travail d'écrivain. C'est souvent en lisant un livre que je débloque un point précis qui me turlupinait, par des associations d'idées souvent improbable dont le cerveau humain a le secret.
Je n'ai pas vu Signes extérieurs de richesse, mais je note. :)
Note de Dup : Oh non Paul, ne va pas perdre ton temps précieux pour visionner ce film qui est une vraie bouse je t'en prie ! Garde le pour nous écrire la suite de Calame !!! 



Ramettes :

Bonjour,
Merci pour toutes ces réponses.
Je pense que je lirai 14-14 en décembre... oui je sais le "mois de" sera loin. Pourquoi ? On aura une exposition sur 14-18 qui est accompagnée d'une malle de livres et j'ai vu qu'il y était.J'adore ces événements qui n'ont en apparence rien à voir entre eux !
Ma question : vous (Sylène Edgar et toi) a t-on demandé de venir en bibliothèque tous les deux une fois passé l'effervescence de la sortie du livre ?

Paul :

C'est chouette, ce genre d'évènement !
Pour 14-14, Silène et moi avons été pas mal sollicités en 2015/16/17 surtout en collège mais aussi un peu en bibliothèque. Silène continue de l'être pour ses autres romans, de mon côté, les demandes se tarissent. Il faut dire que mes romans s'y prêtent moins. Donc en ce qui me concerne, ce serait avec plaisir. Je suis joignable sur facebook ou sur mon site (paulbeorn.fr), quand tu veux, si tu es toujours intéressée :)



Phooka :

Bonjour Paul,

Si tu n'étais pas auteur ou inspecteur des fraudes, quel(s) autre(s) métiers aimerais tu exercer?

Paul :

Quand j'avais 5 ans et que ma mère me faisait remarquer qu'écrivain, c'était un métier qui ne suffisait pas toujours à vivre, moi, je répondais "zut, c'est ma seule idée". Sinon, pirate, hobbit ou dresseur de dragon, ça me plairait bien, mais les places sont rares. Oh si ! J'aurais aimé travailler aux eaux et forêts, et passer mes journées à marcher dans les bois.