mercredi 26 avril 2017

Le défi des 4 AS, quatrième session [Mai - Juin 2017]





Comment ça je suis joueuse ? Même pas vrai !

Les équipes pour ce 4ème round restent inchangées par rapport au 3ème round

Le nouveau programme concocté par Licorne :

* DEFI 1 : Lire 2 livres de n’importe quel genre sauf BD et Manga, mais l’un d’un auteur masculin et l’autre d’un auteur féminin : 10 PT
* DEFI 2 : Après avoir lu un livre de votre choix, nous donner sur le forum, uniquement 5 mots bien choisis pour nous parler de votre lecture : 5 PT - Attention si cette lecture est présente dans l’un des autres défis, vous n’aurez que 2 PT
* DEFI 3 : Lire un policier ou thriller avec un personnage récurrent : 3 PT
* DEFI 4 : Lire un roman présent dans votre pal depuis au moins 1 an : 2 PT

On a jusqu'au 15 mai pour annoncer nos choix de défis ET la liste de nos lectures prévues à cet effet.
Pour ma part je pense pouvoir affronter les 4 défis, reste plus qu'à savoir avec quoi.

Je reviendrai afficher le tout, ainsi que les résultats du round précédent.

mardi 25 avril 2017

REMEMBER YESTERDAY de Pintip Dunn





Éditions Lumen
460 pages
15 euros


Résumé :

Imaginez un monde où votre avenir a déjà été fixé…par votre futur moi !

À seize ans, Jessa vit dans un monde au bord du chaos. Jusque-là, tout le monde recevait au seuil de l’âge adulte un souvenir sélectionné et envoyé par son futur moi, une carte de visite qui conditionnait la vie et la carrière de chaque individu. Mais, depuis quelques années, le processus a été interrompu. On ignore encore comment ces images étaient envoyées depuis l’avenir dans le présent, on sait simplement que la clé de cette découverte décisive, c’est Jessa elle-même.

Ses pouvoirs psychiques en font donc la plus précieuse des habitantes d’Eden City… mais elle se refuse absolument à aider les autorités, car elles ne sont pas étrangères au suicide de sa sœur, dix ans plus tôt. Assaillie par une série d’étranges appels à l’aide, Jessa décide de se laisser guider par ces visions, quitte à devoir collaborer avec Tanner Callahan, jeune scientifique de renom sur lequel reposent justement tous les espoirs de découverte du souvenir futur. Autrement dit, son ennemi juré.

Son instinct ne serait-il rien d’autre que la main implacable du destin ? Dans la veine de Minority Report, Remember Yesterday est une dystopie haletante, dont l’héroïne va devoir oser réécrire son histoire et défier le futur.



L'avis de Dup :

Souvenez-vous du précédent tome de cette dystopie, Forget tomorrow. Nous avions une société basée sur le souvenir du futur que chaque individu recevait à 17 ans et qui guidait son avenir. Nous avions une Callie qui luttait contre, car celui-ci s'avérait horrible, mais surtout insensé. Et une Pintip Dunn qui nous laissait sur un ÉNORME cliff hanger complètement inattendu !

Inutile de dire donc que j'attendais cette suite avec une impatience folle et une kyrielle de points d'interrogations dans la tête. Je m'attendais surtout à ce qu'on reprenne là où nous en étions, là où nous avions quitté tous les personnages, avec une solution miraculeuse pour enrayer les événements.

Et bien non, niet, que dalle ! Pintip Dunn redémarre son récit piano, piano... dix ans plus tard. Callie... et bien Callie a réussi son coup et la société d'aujourd'hui n'est plus basée sur ces foutus souvenirs du futur, et c'est Jessa la petite soeur que nous suivons. Une gamine qui se cherche, qui a du mal à trouver sa place au milieu des siens, se sentant responsable de la décision de sa soeur. Une paix fragile règne entre les autorités et les rebelles et celle ci est menacée par les actions de sabotage fomentées par Jessa contre la communauté scientifique. Parce que l'horrible, l'abominaffreuse présidente Dresden ne s'avoue pas vaincue et fait poursuivre les recherches sur les souvenirs du futur. Alors dès que Jessa le peut, elle perturbe les expériences. C'est ainsi qu'elle va rencontrer Tanner, un des jeunes chercheurs le plus impliqué dans ce projet.

Autant j'avais trouvé le couple Callie /Logan du tome 1 un peu trop love to love, autant celui que fait surgir l'auteur avec Jessa et Tanner m'a beaucoup plu. Une relation plus qu'improbable au départ, qui se dessine par petites touches au travers des épreuves, j'adhère complètement. Et des épreuves, je vous promets qu'il va y en avoir. En fait cela n'arrête pas ! Ce tome 2 va à cent à l'heure, c'est un vrai page turner où l'auteur nous mène de rebondissements en rebondissements, avec des révélations pleines de surprises. Passé, présent, futur vont se mêler, avec des voyages temporels et je peux vous dire que Pintip Dunn domine bien son sujet, pas la moindre incohérence. Les petits détails apparemment sans importance du tome 1 resurgissent en force ici et prennent une toute autre dimension. J'ai adoré !

Si vous aimez les dystopies originales, les intrigues temporelles bien trapues et les personnages attachants, foncez ! Quant à moi, il va me falloir attendre le tome 3 pour avoir la conclusion. Et même si ce coup ci ce n'est pas un cliff hanger à la toute fin, même si j'avais anticipé cette "surprise", je me demande bien ce que l'auteur nous réserve. J'ai même très hâte de le découvrir !


lundi 24 avril 2017

LES HÉROS de Joe Abercrombie







Editions Milady
Format poche
17/02/2017
9.90 euros
840 pages

Selon la légende, Dow le Sombre aurait tué plus d’hommes que le pire des hivers pour conquérir le trône du Nord. Jaloux, le roi de l’Union lui envoie ses armées. Des milliers de soldats convergent ainsi vers un cercle de pierres oublié pour se livrer une guerre sans honneur. Parmi eux, une fine lame disgraciée, un prince sans couronne, et le dernier homme honnête du Nord se retrouvent inexorablement entraînés dans une bataille sanglante qui scellera le destin de tout un pays.



L'avis de Phooka:


Abercrombie, sur Bookenstock on adore vous le savez. Vous n'avez qu'à relire les chroniques de Servir froid, Pays rouge ou de la Mer éclatée. Alors j'ai foncé pour découvrir les Héros.

Les héros ...  ce sont 850 pages qui racontent ... 3 jours de bataille. Trois putains de journées détaillées par le menu, depuis le troufion de base jusqu'aux grands maréchaux. Trois journées qui se passent sur un minuscule terrain sur lequel vont s'affronter des milliers de soldats. Tout ça pour gagner une bête colline. Une colline qui s'appelle ... Les héros. Ha oui, parce que Les héros, ce ne sont pas les personnages de l'histoire. Juste des pierres dressées en haut d'un monticule et des milliers d'hommes vont se faire tuer pour les gagner. Se battre comme des chiens pour gagner un pont, un marais, un bout de colline, une grange. Une guerre terrible qui oppose le Nord et le Sud, à la manière de la guerre de sécession. On pense à Gettysburg ou aux tranchées de 1914-1918. 
Par la plume d'Abercrombie, le lecteur va suivre des dizaines d'hommes, des combattants hors pairs, des jeunots pleins de courage ou des généraux peu inspirés, de vieux guerriers fatigués, des lâches ou des planqués, des stratèges, des paumés. Des vrais hommes donc et bien peu de héros. Chacun a ses raisons d'être là, chacun à sa manière va contribuer à cette guerre, beaucoup vont y laisser leur vie.
Certains vont même rechercher la paix, mais dieu que c'est difficile de parler de paix au milieu de ces guerriers. Certains sont brillants oui, mais commandés par des incapables. 
Toute l'absurdité de la guerre , mais pas que ça.
Des complots et des trahisons aussi.

C'est un catalogue complet de personnages que nous offre Abercrombie, à la manière de Gemmell. Et de la même façon que pour Gemmell, il croque les protagonistes à la perfection. On les croise et c'est une vraie rencontre. On les aime, même s'ils sont détestables. Leur destin ne peut pas nous être indifférent. 

"Dans le pays d'Abercrombie , il y a des méchants et des gentils" (sur l'air de Candy, ne me remerciez pas vous allez avoir l'air dans la tête toute la journée !! :)

Je n'en citerai que quelques uns, ceux qui m'ont le plus frappée. En commençant par Craw bien sûr, Craw ce vétéran, courageux et fidèle mais qui ne rêve que d'une chose. Rentrer dans sa ferme et y mener une vie peinarde. Du moins c'est ce qu'il imagine !
Gorst, un de ceux qu'on pourrait qualifier de héros, capable de se battre seul contre dix. Il n'a jamais peur, il va au devant de la mort avec joie, il se bat comme un lion. Gorst déteste tous les généraux opportunistes, mais lui-même se conduit de façon parfois pire ...
Beck, un gamin de la campagne qui a quitté sa ferme et sa mère les yeux pleins d'étoiles et de rêves de conquêtes. Il comprendra à son premier combat que la guerre n'est pas telle qu'il l'imaginait.
Et puis il y a aussi Finree, la seule femme du roman quasiment. Finree fille de Kroy du Maréchal Kroy, mariée à un "simple" capitaine sous le commandement d'un général incapable. Elle ferait tout pour que "son" capitaine progresse dans la hiérarchie.

Mais je pourrais vous en citer des dizaines d'autres, depuis le grouillot de service jusqu'à Dow le Sombre grand chef du Nord. Tous sont passionnants, tous sont émouvants.

Bien sûr le récit est sombre, les morts sont nombreux, la boue et les blessures terribles. Mais le récit n'est pas exempt d'humour et il ne sombre pas dans le tragique à l'excès. C'est ça aussi la magie d'Abercrombie, ce dosage savant entre le guerrier, l'humour, l'humain et le gore parfois. C'est subtil et fascinant.

Alors bien sûr, il faut être clair. Si vous cherchez de la romance, ce livre n'est probablement pas pour vous. Je conçois tout à fait qu'il ne plaise pas à tout le monde. C'est de la Dark Fantasy, dans ce qu'elle a de plus guerrier. Mais même si vous n'êtes pas fan du genre, vous y trouverez sans doute beaucoup de plaisir car Abercrombie sait captiver et capturer le lecteur dans ses récits et celui-ci ne déroge pas à la règle. Ceci étant, je peux comprendre que 850 pages de combats quasi ininterrompus puissent faire peur, mais tentez l'expérience, vous pourriez être surpris !


Note: Les héros se situent après l'action de la trilogie La première loi, mais peut être lu indépendamment. 


samedi 22 avril 2017

Sortie de Le Livre des Radieux, Volume 2 de Brandon Sanderson

Le Livre des Radieux
Volume 2 (Les Archives de Roshar, Tome 2)



Sortie le 10 mai 2017
Le livre de poche
704 pages
20.90 euros



Je me souviens des jours avant l'Ultime Désolation.
Avant que les Hérauts ne nous abandonnent, et que les Chevaliers Radieux se retournent contre nous. Des jours où la magie était encore de ce monde, et l'honneur dans le cœur des hommes. Aujourd'hui nous surveillons quatre personnes. La première est un chirurgien qui est devenu soldat dans une guerre brutale. La deuxième est un assassin qui pleure en tuant. La troisième est une jeune femme dont la robe d'étudiante abrite une âme de voleuse et de traîtresse. La dernière est un prince dont les yeux se sont ouverts sur le passé, tandis que son appétit pour la guerre décroît.
Le monde changera.
Ces quatre personnes sont la clé.
L'une d'entre elles nous aidera. L’une d'entre elles nous détruira.



Mon dieu, je comprends pourquoi Mélanie Fazi a eu autant de travail à traduire !!!
Premier volume du tome 2: 896 pages
Deuxième volume: 704 pages !!!!

vendredi 21 avril 2017

La suite des Archives de Roshar bientôt !!!


Brandon SANDERSON
Hiiiiiiiiiiiii  !!!


LES ARCHIVES DE ROSHAR
TOME 2

LE LIVRE DES RADIEUX
VOLUME 1


Sortie le 10/05/2017
896 pages !

Résumé :

Roshar, terre de pierres et de tempêtes. Des siècles ont passé depuis la chute des Chevaliers Radieux, mais leurs avatars, des épées et des armures mystiques qui transforment des hommes ordinaires en guerriers invincibles, sont toujours là.
Au cœur des Plaines Brisées, Kaladin lutte depuis dix ans dans une guerre insensée. Dalinar, le chef d’une des armées, est fasciné par un texte ancien, La Voie des rois. Au-delà de l'océan, la jeune Shallan apprend la magie et découvre certains secrets des Chevaliers Radieux...

Sans aucune hésitation, je peux affirmer que c'est LE livre que nous attendons toutes les deux avec le plus d'impatience !


jeudi 20 avril 2017

HOPE & RED de Jon Skovron





Éditions Bragelonne
423 pages
22 euros


4ème de couv :

Dans un empire fragmenté qui s’étend au-delà des Mers sauvages, deux êtres rebelles se découvrent une cause commune...
Hope est l’unique survivante du massacre de son village par les Biomanciens, les serviteurs mystiques de l’empereur. Recueillie par un soldat vinchen, elle a suivi un entraînement secret, faisant d’elle une guerrière qui ne vit que pour la vengeance.
Red est un orphelin adopté par une ancienne mercenaire issue de la pègre. Il est devenu un voleur et un escroc au talent inégalé.
Quand un chef de bande sanguinaire passe un marché avec les Biomanciens pour contrôler les bas-fonds de la cité de Laven, les destins de Hope et de Red se croisent. Et leur alliance improbable va les conduire bien plus loin qu’ils l’auraient imaginé...


L'avis de Dup :

On ne pouvait pas faire plus simple ni mieux adapté comme titre pour ce roman. Tome 1 de la trilogie L'empire des tempêtes, ce volume est clairement un tome d'introduction qui permet au lecteur d'appréhender ce monde et surtout faire la connaissance des deux protagonistes principaux.

Honneur aux dames donc et commençons par Hope. Elle a 8 ans lorsqu'on la découvre sur son île, prostrée et muette, ayant même oublié son nom. Elle vient d'être le témoin du massacre de ses parents et de tout son village (Bleak Hope) par des Biomanciers. Ce sont des magiciens biologistes responsables d'expériences sordides à la solde de l'empereur. Elle va être confiée à un monastère d'une île voisine, occupé par l'ordre vinchen, des redoutables moines guerriers, autrefois bras armé de l'empereur. Elle y apprendra tout ce qu'il faut pour assouvir sa vengeance.

Quant à Red, 8 ans aussi et également orphelin depuis peu. Il survit dans les rues de Cercle Paradis, un quartier mal famé de Laven la nouvelle. Il faut dire qu'il possède un don pour la rapine qui aide pas mal, et il a bien l'intention de devenir le roi des voleurs. Son surnom il le doit à ses iris rouge sang, dus à un abus de drogue de sa mère qui était une artiste peintre réputée. Il va très vite être pris sous l'aile d'une figure de la pègre locale, Sadie la teigne, qui elle rêve d'être pirate...

Alors bien sûr les chapitres vont alterner entre ces deux personnages, bien longtemps avant que leurs chemins se croisent. Ils seront presque adultes alors et nous dans la seconde moitié du livre. Il faut que j'avoue que j'ai eu un peu de mal au début de ma lecture, n'aimant que moyennement les passages concernant Red, enfin plus exactement Sadie que j'ai trouvé vraiment trop caricaturale. L'alternance a bien aidé à ce moment là. Mais très vite Red va voler de ses propres ailes, au sens propre comme au figuré, et la machine à tourner les pages s'est enclenchée ! Mon rythme de lecture fut soutenu pour finir par s'emballer complètement dès lors qu'ils ont été réunis.

Il faut dire que le tandem est excellent. On ne peut pas faire plus différents comme caractères ! 
Hope c'est la glace, une taiseuse, pleine de principes moraux inculqués par les moines comme l'honnêteté par exemple...
Red c'est le feu, volubile, chahuteur et plein d'humour. L'auteur développe un argot bien à lui qu'il prête à Red et c'est succulent. Il existe même un glossaire en fin d'ouvrage récapitulant tous ces termes. 
Là où ils se rejoignent c'est dans l'habileté à manier les armes, l'épée pour elle, les poignards de lancer pour lui. Tous deux courent après les Biomanciers, l'une par esprit de vengeance, l'autre pour libérer son quartier de leur emprise malfaisante.

Si vous cherchez de la Fantasy qui déménage, pleine d'aventures et de flibustes, car oui il se passe beaucoup de scènes sur des bateaux (normal dans un empire composé que d'îles), de la Fantasy avec des personnages attachants, ce Hope & Red est fait pour vous. En tout cas moi je signe sans hésiter pour lire la suite, d'autant que l'auteur bien perfidement laisse entrevoir une intrigue politique mise en place au tout dernier moment , juste avant le point final ! Pas un cliff hanger, mais quand même, je veux savoir !!!

lundi 17 avril 2017

5ème Salon Fantastique à Paris



Du 6 au 8 mai 2017

Amateurs de l'imaginaire... et parisiens :P
oui, je suis jalouse !

Ceci devrait vous plaire !



Plus d'informations ICI

dimanche 16 avril 2017

samedi 15 avril 2017

En juin sortie de MÉROVINGIENS de Patrick McSpare






MÉROVINGIENS
Les royaumes naissent de l'ombre







Chez Pygmalion
Sortie prévue 31 Mai 2017






Après la mort de son père, Childéric 1er, Clovis devient peu à peu le roi de tous les Francs, jusqu'à poser les fondations de la future France. Comment un jeune barbare d'à peine quinze ans a-t-il pu supplanter ses rivaux ? En partie grâce à sa conversion au catholicisme lui assurant le soutien des élites gallo-romaines, en partie grâce à sa science militaire. Mais avant tout grâce à l'action de trois agents secrets, une femme et deux hommes. Ses guerriers de l'ombre. 

Leur tâche sera triple. Un : favoriser l'expansion du royaume sans provoquer une coalition des puissants voisins Burgondes, Wisigoths et Ostrogoths. Deux : faire en sorte que seuls les fils de Clovis héritent un jour de la couronne. Trois : propager les légendes qui établissent la nature divine du roi. 

Manipulations, trahisons, chantages, sexe, meurtres... « Mérovingiens », c'est « Mission impossible » au pays des Francs. Avec un zeste de sorcellerie en plus.

vendredi 14 avril 2017

LA NUIT DES CANNIBALES de Gabriel Katz





Éditions Pygmalion
375 pages
19,90 euros


4ème de couv :


« Le réveil, déjà... Il est sept heures. Bizarre, j'aurais juré l'avoir réglé sur huit. Sous ma main, la table de nuit est plus basse que d'habitude. La radio gueule un truc qui ressemble à Madonna, ou Lady Gaga bref, ce n'est pas France Info. Je me lève dans le noir et me demande d'où vient cette infâme odeur de pieds. Je n'ai jamais senti des pieds de ma vie, et même si j'ai assez bu pour me réveiller dans un lit qui n'est pas le mien, ça n'a jamais fait puer personne. L'interrupteur, enfin, me tombe sous les doigts. J'allume.
Je regarde mon bras... qui n'est pas mon bras. Mon nez me paraît pointu, mes pommettes aussi. Putain, je ne suis pas moi. »
Lorsque Maxime de Retz, homme d'affaires de 43 ans, se réveille dans le corps d'un ado, la situation est pour le moins embarrassante. Mais, quand on essaie de l'assassiner, là, tout part carrément en vrille.



L'avis de Dup :

Relisez donc le résumé, ce "Putain, je ne suis pas moi." donne le ton du nouveau roman de Gabriel Katz... Par déduction, par tâtonnement, Maxime va comprendre qu'il n'est plus Maxime mais Aubert et qu'il n'a que 15 ans. Et en plus de puer des pieds, cela va être re le lycée, re le Bac : un cauchemar !

Très vite il va se rendre compte que son "petit frère" semble aussi paumé que lui. Ouf, il n'est pas tout seul embarqué dans ce délire. Si lui est passé de 43 à 15, José lui est passé de 30-35 ans, on ne sait pas précisément ou je ne m'en souviens plus, à 12 et doit répondre au prénom de Quentin. Maxime repérera aussi dans sa classe un autre gars, David qui semble dans la même galère. Ils vont tâcher de donner le change en attendant de comprendre.

Mais au lieu de s'éclaircir, les éléments vont se précipiter. Une personne qui tente de les aider, qui semble savoir ce qui leur arrive se fait abattre froidement. Puis c'est eux qui deviennent une cible. Alors il n'est plus temps de jouer aux lycéens modèles, il faut fuir et essayer de résoudre ce mystère.

Quand les explications arrivent (et non, je ne vous les donnerai pas, et puis quoi encore !), on se dit bon ok, le Gabriel Katz il veut jouer dans la catégorie fantastique cette fois. J'avais pourtant entendu parler de thriller... Mais finalement il va y avoir tellement d'action, de bastons et de canardages que oui, on peut également le considérer comme un thriller.

Un thriller fantastique alors, et là moi je pense directement à Sire Cédric. Et bien non, rien à voir. Autant ce dernier amène ses éléments fantastiques de façon presque scientifique qu'on y croit, autant Gabriel Katz nous balance la donne et fonce dedans. Alors au lecteur de se l'approprier ou non, ça passe ou ça casse. Personnellement, il pourrait m'écrire une liste de course que j'adorerai, alors... Rien que pour traquer l'humour on tourne les pages, et puis très vite on se prend au jeu, et sans s'en rendre compte on adhère à la donne ! Et puis, pourquoi pas après tout. Certains créés des zombies, Gabriel créé des cannibales. Et là je vous arrête de suite. Non, pas des cannibales comme vous l'imaginez, pas du tout. Les cannibales katziens sont... eh, non ! Muette comme une tombe je serai.

Ne vous attendez pas à un grand roman, non, ça il le réserve pour son univers de fantasy. Les personnages charismatiques, les intrigues puissantes et les mondes envoûtants c'est pour la fantasy, et c'est tant mieux. Le personnage principal Maxime et les secondaires restent néanmoins sympathiques à suivre. Et puis je dois avouer que j'ai adoré la chute !
Avec ce roman, Gabriel Katz reste ancré sur notre monde à nous, la France, qui reconnaissez le est indubitablement moins passionnant. Cependant ce roman, quelque soit la case dans laquelle vous le rangez, reste un pur divertissement. D'ailleurs je me demande même si l'auteur ne les écrit pas pour SE divertir entre deux intrigues bien trapues en Hélion, à Woltan ou en Goranie !





jeudi 13 avril 2017

5ème ITV de Nathalie Dau


Et donc une 5ème page, déjà !!!
Et nous ne sommes pas encore le 15 !

Les précédentes :





                                          © Romain Jacquot / Antoine Ottone


Bienvenue sur Bookenstock Nathalie !




"C'est ton tour, Nathalie ! Tu dois rédiger ta présentation !"
Et là, ça se complique.

Parce que je ne rentre jamais dans les cases.
Parce que je ne suis pas seul-e dans ma tête et que je ne sais pas qui présenter, exactement. Ni en quels termes.

Et puis il n'y a pas grand-chose d'intéressant à savoir, à mon sujet. L'essentiel est déjà sur wikipédia.
Après, ceux qui sont dans mes contacts FB savent que j'ai des chats, que je les aime fort et qu'ils me le rendent bien. Que j'ai des enfants, trois filles désormais grandes. Que je milite pour une vision plus humaine de la société, fondée sur l'amour et la solidarité et non sur les valeurs de l'argent et de l'exploitation mortifère des forces vives. Que j'habite en zone rurale, dans un petit village de l'Eure quelque peu hors du temps. Mais le temps est une notion très floue, pour moi, de toute façon. Est-ce qu'on doit calculer selon celui de la Terre, celui de Kephéda ou celui d'Eorzéa ?
Sur Terre, je suis officiellement une femme de cinquante ans reconnue adulte handicapé, souffrant au quotidien dans sa chair, et se trimbalant tellement de blessures et de traumatismes tant physiques que psychologiques qu'on peut se demander ce qu'elle fiche encore parmi vous.
Sur Kephéda, je suis tous mes personnages, et surtout Ceredawn, avec lequel j'ai pas mal de points communs (même s'il est mille fois mieux que moi). Cela fait bientôt trente ans que nous nous fréquentons (la rencontre date de juillet 1987).
Sur Eorzéa (univers du mmorpg Final Fantasy XIV), je suis là encore multiple, mais surtout confortable quand j'incarne Ceryan, auquel j'ai fabriqué un corps aussi proche que possible de mon image mentale. Il faut savoir que je suis non binaire, et que l'image que me renvoie mon miroir n'a rien à voir avec celle que j'ai dans la tête et le coeur. Je ne me sens ni femme ni homme, mais un mélange des deux avec une dose d'aucun des deux. C'est compliqué. Même moi je m'y perds, parfois.
Je vis en ces trois mondes, parfois en alternance, parfois en même temps. Avec un point de convergence : mon ordinateur.
Je n'ai pas de bureau. Je ne peux plus rester des heures assise plusieurs jours d'affilée, même avec une chaise ergonomique. Je vis donc assise dans mon lit, et j'ai un joli plateau pliant adapté pour supporter mon ordinateur portable (il y a même un ventilateur intégré, pour les mois d'été, et un petit tiroir dans lequel je range mes stylos, ma clef usb et quelques broutilles que je ne veux pas égarer tout en les conservant à portée de main).
Des livres, il y en a absolument partout dans la maison. Mais ceux que je conserve au plus près, dans la bibliothèque de ma chambre, ce sont mon bon vieux dictionnaire des rimes, mes mangas yaoi et mon énorme pile à lire. Et puis il y a une étagère spéciale pour Estelle Faye, que j'adore en tant qu'auteur et en tant que personne, et une autre étagère spéciale pour Isabelle Wenta, que j'adore au moins autant et qui en plus partage mes délires éorzéens.

Je n'ai pas d'horaires précis. Je ne dors plus beaucoup à cause de la maladie, et surtout pas la nuit, puisque c'est la nuit que je suis le plus en forme. La plupart du temps, je dors quand j'ai sommeil, je mange quand j'ai faim (plus beaucoup, là encore), j'écris quand mon cerveau est en état de le faire (ce qui a ralenti ma production, j'en ai bien conscience), je lis, je regarde des séries, je joue...

Et j'attends.

Enfermé-e dans mon corps, dans ma maison, dans mon village, dans mon département (le règlement de la Sécurité Sociale quand on est en arrêt maladie même de très longue durée : si je veux sortir de l'Eure, je dois demander la permission au minimum 15 jours à l'avance, avec un papier tamponné par mon médecin), j'attends tout ce qui me permet de me sentir un peu plus libre, un peu moins en souffrance. Des mots gentils, un peu d'amour, la certitude de compter pour celles et ceux qui comptent pour moi. La venue de l'inspiration, d'une journée de rémission (mais ça fait bien longtemps que je n'y ai plus eu droit). Le retour de mon mari quand vient le soir. Les réponses aux messages que j'envoie, aux livres que j'écris comme autant de bouteilles que l'on jette à la mer... et qui parfois se brisent sur des rochers cruels.

J'attends le jour où j'aurai le droit de me reposer enfin, après toutes ces années de bons et loyaux services.
Même si, parfois, il y a des rencontres qui électrisent et donnent envie de se battre pour durer plus longtemps.

On dit qu'en avril, il ne faut pas se découvrir d'un fil...

Mais moi, je n'ai jamais eu peur de me mettre à nu, alors vous pouvez poser toutes les questions que vous voulez, je ferai de mon mieux pour y répondre honnêtement.



Et pour ceusses qui ne connaissent pas Ceryan, le voici :














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Léa P. :

Bonjour !
J'ai lu vos deux recueils de Contes myalgiques, qui ont eu un effet magique sur moi : je me suis mise à aimer les nouvelles ! Bref, déjà, merci pour ces deux excellents moments de lecture (et de mythologie !) que j'ai passé avec ces volumes.
Bien entendu, j'ai aussi lu Source des tempêtes (et je me plonge aujourd'hui dans Bois d'ombre), qui fut une sacrée immersion dans un univers très fouillé ! J'ai aussi consulté l'e-book annexe, qui a ravi l'"exploratrice" en moi. Cela dit, il y a un point sur lequel j'aimerais avoir plus de précisions : les marnes ! J'aimerais vraiment en apprendre plus sur eux (autre que les propriétés de leur sang s'entend). Pourriez-vous en parler un peu plus ici ? Ou est-ce prévu dans un prochain livre ? (dans ce cas-là, je comprendrais parfaitement que vous ne vouliez rien dévoiler)
Dans tous les cas, un grand merci d'avoir pris le temps de répondre à toutes ces questions, les réponses étaient vraiment instructives ! 

Nathalie :

Merci beaucoup, Léa. Merci d'avoir été sensible à ma forme de magie. :-)

Au sujet des marnes, l'un des textes au sommaire de "Fragments de l'Âge Ancien" vous permettra d'en apprendre un peu plus à leur sujet. Surtout, deux marnes auront des rôles d'importance dans les volumes à venir. Le premier apparaîtra dans le tome 3, le second dans le tome 4. Donc oui, je l'avoue, je préfèrerais ne pas dévoiler les éléments qui les concernent.
Ce que je peux repréciser, puisque je l'ai déjà dit dans les deux ouvrages déjà parus et dans les annexes : les marnes sont issus, d'après la légende, de la matière pétrie par Siligor à partir du cadavre de la géante primordiale Marnoga, sa propre fille (née de ses amours avec Danafée), qu'il a tuée de ses mains. Les marnes sont donc assujettis au Chaos. À ce titre, ils sont très prolifiques mais ont une courte espérance de vie (l'inverse des rives, en somme). Ils sont de petite taille mais bien proportionnés, avec des membres déliés. Leur teint joue sur la palette des couleurs de la terre, et est recouverte par endroit d'un duvet souvent sombre. Ils sont métamorphes et aiment se transformer en animaux divers et variés. Ils apprécient le changement et restent rarement prisonniers longtemps de la même apparence. De la même façon, ils ont du mal à rester en place et sont de mœurs itinérantes. Les enfants revêtent une grande importance à leurs yeux, car ils sont pour eux l'incarnation du renouveau. Les marnes n'ont aucun scrupule à détruire ce qu'ils ont envie de détruire et ne savent pas toujours s'arrêter à temps quand ils ont commencé. Ils sont fréquemment sujets à des mutations congénitales et surtout à la dégénérescence, qu'ils redoutent car elle leur fait perdre la raison et les change en monstres enragés. Les humains les traitent pis que des bêtes, car les marnes réduits en esclavage sont poussés à la folie, à la métamorphose, et contraints de combattre dans des arènes, pour que les spectateurs se repaissent de leur mise à mort. Leur sang, ingéré par les humain, est un puissant aphrodisiaque qui, en outre, accroît la fertilité. Mais c'est aussi une drogue qui décuple l'agressivité, si bien que nombre de guerriers boivent du sang marne juste avant de s'élancer sur le champ de bataille.









Zina 

Bonjour Nathalie,
Ravie de te retrouver ici, après Grenoble et Lyon !
Tu le sais j'aime particulièrement Ceredawn, et tu m'avais prévenu, il n'a pas été à la fête dans Bois d'ombre. Ma question sera plutôt une supplique, mais s'il te plait, s'il te plait dis-moi qu'il finira par être heureux.
Je voulais également te remercier de lui avoir "donné" Myrinielle, même si j'ai également très peur pour elle maintenant !
Je me demandais aussi pourquoi avoir choisi cette temporalité dans Bois d'ombre, qui se concentre majoritairement sur la première année d'apprentissages alors que les autres sont vécues dans une sorte d'ellipse accélérée. Est-ce ce que tu avais toujours prévu ?
Merci :)





Nathalie :


Coucou Zina :)


Un peu de retard dans ma réponse, pour cause de Trolls et Légendes, où j'ai eu le plaisir de rencontrer Paikanne qui m'a même offert des saucissons (sans ail puisque je suis allergique à l'ail). Oui, je suis un auteur atypique : je ne me goinfre pas de bonbons et autres sucreries, contrairement à mes petits camarades de stand (je ne donnerai pas de noms, ils se reconnaîtront).
Bref, ta supplique... Eh bien, c'est compliqué. Il faudrait disserter sur la nature du bonheur. Déjà, nous ne plaçons probablement pas la même chose sous ce vocable. Ensuite... est-il un but en soi, ou un état passager dont on ne peut avoir conscience - et de ce fait apprécier - que par contraste avec les moments difficiles, justement ?
Alors oui, bien sûr que Ceredawn en aura, des moments heureux. Comme tout le monde. Il en a déjà eu dans les volumes déjà parus. Songe à ce qu'il a ressenti en dansant sur la corde, par exemple, ou en découvrant l'océan. Et puis il a atteint certains de ses objectifs ; c'est une source de satisfaction, mine de rien, même si on ne lui laisse pas vraiment le temps de savourer. N'empêche que la joie est là, et s'extériorisera plus tard, une fois les urgences réglées. Mais elle ne pourra pas régner seule. Pas tant qu'il y aura une histoire à raconter, riche de ses adjvuvants mais aussi de ses opposants qui relancent l'action. Sans quoi, on sombre dans l'immobilisme, et que ferions-nous, sinon nous ennuyer ?
Moi, en tout cas, je te remercie d'évoquer Myrinielle, et de visiblement l'apprécier (car je m'attends à ce que les chantres des "bonnes moeurs" la vouent au bûcher). Mais je n'ai "donné" personne à personne, c'est elle qui a choisi d'éprouver ce qu'elle éprouve et de le gérer de cette manière. Il m'a fallu un peu de temps pour bien la cerner, bien la comprendre, d'ailleurs. Derrière des abords extravertis, elle reste assez secrète, à sa façon.
Quant à la temporalité, j'en profite pour souligner que les années passées par Ceredawn au Séminaire sont au nombre de six, pas cinq comme je le lis ici ou là. Il arrive à Atilda quelques jours avant son dixième anniversaire, célèbre celui-ci en compagnie de Ninnos et ne quitte le Séminaire qu'après avoir atteint ses seize ans. Six ans, six arbres, six dieux dans chaque obédience, six mendiances de cinq jours pour former une malune... Cinq années de la naissance au Petit Cap, cinq autres années du Petit Cap au Grand Cap, mais ensuite il faut bel et bien six années pour atteindre l'âge adulte.
J'ai certes détaillé plus particulièrement la première année, puisque c'est là que tout se met en place, mais la narration déborde largement sur la deuxième année, et toute la sixième année est racontée elle aussi. Pour ce qui se passe dans l'intervalle, ne sont évoqués que les faits marquants, le reste étant devenu de l'ordre de la routine, de la redondance. C'est un peu comme en cuisine : on étudie soigneusement la recette, on rassemble les ingrédients, on épluche, on tranche, on saisit, on étend, on assaisonne... puis on laisse mijoter, on vient vérifier de temps en temps, en cours de cuisson, s'il ne faut pas rajouter de l'eau ou du sel, on touille un peu, on retourne attendre, et quand on revient et que c'est enfin prêt, on n'a plus qu'à apporter la touche finale et emplir les assiettes. Tu l'auras compris : ma spécialité, ce sont les plats qui mijotent longtemps (ah, un bon pot-au-feu !)


Allison :

Pardon pardon, ça fait un petit moment que je ne suis pas revenue, mais il faut dire que j'ai fini Bois d'Ombre et que je commence à peine à m'en remettre.
Ensuite, on m'a un peu piqué ma question. Je voulais aussi savoir pourquoi ce choix, cette accélération après la première année d'apprentissage que l'on vivait presque au jour le jour. 
J'ai encore plus hâte de recevoir les Fragments maintenant ! (J'ai craqué pour la belle version. J'étais obligée)
Promis je reviens avec des questions plus pertinentes une fois remise. À bientôt !


Dup :

On n'est pas tous égaux, j'ai essayé chez moi le " J'étais obligée"... ça n'a pas franchement fonctionné ! M'en fous, j'attends quand même la belle version :D


Nathalie :

Merci beaucoup, Allison, pour ce gentil commentaire et pour ta belle chronique. Tout ça fait du bien en ces jours un peu difficiles pour ma famille et moi. Bisous <3 font="">





Je repasse par ici, j'avais pris du retard sur ma lecture du question/réponse toujours aussi passionnant ! 
Je suis toujours dans ma lecture du second tome des Contes Myalgiques. Je prends un peu plus mon temps depuis la nouvelle "La force du déni" qui m'a intimement fait mal : j'ai du relire la dernière page plusieurs fois avant de comprendre tellement je ne voulais pas y croire ! J'ai du la raconter à M.Snow pour pouvoir l'accepter et ai pleuré (enfin, j'ai tenté comme j'ai pu de retenir cette boule dans ma gorge...)
Je suis tellement impressionnée par la puissance de tes mots sur les maux. 
Tu es une des rares personnes qui a réussi "l'exploit" de me tirer des larmes durant une lecture (l'autre fois c'était le début du 5è tome de A comme Association, les lecteurs de la série pourront comprendre je pense). Même si avec le temps (la vie, le vécu...) je deviens plus émotive devant un film/ une série, mais j'arrive étrangement +/- à me "protéger" avec la lecture... là je n'ai pas pu ! 
Heureusement une autre nouvelle du même recueil m'a redonné le sourire pour me donner l'envie de continuer ma lecture ! 

Nathalie :

Chère Snow, pour une fois, je ne dirai pas que je suis désolé-e d'avoir fait pleurer quelqu'un. Tes larmes sont pour moi la preuve que j'ai bien fait mon travail. Et si j'ai pu sensibiliser à ces situations douloureuses que traversent tant, trop de gens, si j'ai pu éveiller de l'empathie et inciter à agir demain pour alléger la souffrance globale, alors j'ai tout gagné. Il n'y a pas assez d'amour en ce monde, on vient encore de le constater. J'en éprouve une grande tristesse, une grande colère, un sentiment d'injustice qui me pousse à me révolter, et un grand besoin d'aimer plus encore tous ceux qui sont trop haïs, trop méprisés. Je ne me contente pas de raconter des histoires. Je témoigne et je lutte, avec mes mots en bandoulière, et je sais que parfois, ces mots font mal à ceux pour lesquels ils ne sont pas don de parole et outils d'expression de leurs propres chagrins, mis en scène dans telle ou telle histoire. Je sais que beaucoup de gens préfèrent se voiler la face plutôt que de se confronter à ce que l'humain peut produire de plus laid. Mais à jouer les autruches, on laisse la gangrène s'installer. Alors j'incise et j'expurge la sanie, que ça plaise ou non. En essayant d'apporter en même temps un peu d'espoir, malgré tout. Parce qu'on n'est pas obligé de laisser le mal (égoïsme, rejet, mépris, cupidité, cruauté, domination etc.) tout engluer dans ses ténèbres. Et même si je ne peux allumer qu'une flammèche vacillante, ce sera toujours mieux que rien.

Le sourire, le rire ? Bien sûr qu'on en a besoin aussi. Enormément, même ! Je soupçonne que c'est la nouvelle sur le role play dans un mmorpg qui a su te redonner le moral. Si oui, j'en suis ravi-e.Dans tous les cas, bisous et merci.




Bonjour Nathalie,
Je reviens par ici après avoir fini Source des tempêtes qui m'a laissé légèrement groggy à la fin de ma lecture. J'avoue que les derniers chapitres ont été chargé en émotions pour moi et il faut un peu de temps pour s'en remettre, mais je crois que beaucoup l'on dit avant moi... 
Je te remercie pour la carte dans la version numérique de Source des tempêtes elle ne s'y trouve pas ^^
Du coup, je voulais te poser une question sur les couvertures de Melchior Ascaride : as tu pu donner ton avis sur les couvertures ? As-tu en partie participé à leur genèse ?

Nathalie :

Merci d'avoir été, à votre tour, sensible à ce premier tome. J'espère qu'il vous aura donné envie de découvrir la suite, malgré la forte probabilité d'en sortir plus remuée encore. Mais je suis d'avis qu'il ne faut pas redouter les émotions. Ce n'est pas de les vivre qui fait mal, c'est d'entendre ensuite, ou en parallèle, les coeurs secs cracher sur les sensibles. Comme s'il fallait se fermer à tout pour être digne de respect... Je ne suis pas d'accord, et ce sera la part de Chaos à laquelle je m'accrocherai toujours, envers et contre tout.

J'ignorais que la carte n'était pas présente dans la version numérique de Source des Tempêtes. Du coup, le calendrier en est-il absent aussi ? Dans le doute, je le joins à cette réponse.

Il me semblait avoir déjà répondu à la question sur le choix des couvertures, mais elle était probablement d'ordre plus général. Dans le cas particulier de la couverture de Source des Tempêtes, voici comment ça s'est passé : Melchior Ascaride a reçu le fichier du roman, a lu attentivement, m'a écrit pour me poser des questions très pointues notamment sur le rôle de telle ou telle couleur, puis c'est à André-François Ruaud et Mérédith Debaque qu'il a soumis ses propositions. Mérédith m'a confié à Trolls et Légendes avoir donné comme consigne, pour Source des Tempêtes : "dans le style d'une édition collector de jeu vidéo". Je trouve que cette consigne était tout à fait appropriée et que Melchior s'en est magistralement sorti. Je me souviens encore du jour où André-François m'a envoyé le fichier image en me disant que ce serait la couverture de mon roman : j'ai ouvert le fichier et je suis resté-e totalement bluffé-e tellement c'était puissant. Tout ce que ça m'évoquait ! Certes, je m'attendais à du bleu, car dans mon esprit le rouge était davantage lié à Bois d'Ombre, en raison de la couleur de la robe de Ninnos l'Omniscient et de l'intensité de la souffrance qui y figure. Mais ça va bien à Source des Tempêtes aussi. J'y vois le sang des mages bleus éradiqués, la colère et la folie de Khaür, d'Arvrylith... et même de Cerdric juste avant sa rencontre avec "l'enfant dans la tempête"... Et ces deux dragons, qui évoquent le combat à la fin de la seconde partie tout autant que la tension entre Loi et Chaos et la menace permanente qui pèse sur les personnages !

J'ai été conquis-e, et c'est tant mieux, car le choix de la couverture n'est pas du ressort de l'auteur (sauf exceptions). Mais j'ai la chance d'avoir des éditeurs compétents, riches de bonnes idées, et un illustrateur talentueux. Et puis j'ai choisi, dès le départ, de faire confiance. Et la couverture de Bois d'Ombre, qui m'a encore plus scotché-e que la première, puis celles pour les deux versions de Fragments de l'Âge Ancien, confirment que cette confiance est bien placée.






CHASSEURS DE LIVRES, TOME 1 de Jennifer Chambliss Bertman




Collection R Jeunesse
Sortie le 09 février 2017 
448 pages
15.90 euros





Un livre caché. Un message codé. La chasse peut commencer.
Émily est une passionnée de la Chasse aux livres, un jeu créé par son idole, le célèbre éditeur californien Garrison Griswold. Il s’agit de décrypter des messages codés pour trouver l’emplacement de livres cachés !
Mais lorsqu’elle emménage avec ses parents à San Francisco, patrie de la Chasse aux livres, elle est choquée d’apprendre que M. Griswold a été agressé alors même qu’il allait lancer une nouvelle quête livresque d’une ampleur inédite. À elle et à ses amis de jouer !
Le premier tome d’une série pour tous les amoureux des livres et des énigmes.


L'avis de Phooka:


Avant-propos:


Voilà typiquement le genre de livre qui m'est tombé dans les mains grâce aux réseaux sociaux. Je n'arrive plus à me souvenir qui en a parlé avec enthousiasme sur facebook (oui je sais, les mémés, la mémoire toussa ...) Est-ce Léa ? MarieJuliet ? Aely ? Alisson ? Ramettes? Sia ? Je ne me souviens vraiment plus, mais toujours est-il que son commentaire était enthousiaste et ceux qui lui répondaient aussi. Alors quand Babelio l'a proposé en Masse Critique, j'ai cliqué par réflexe et je l'ai reçu.


Et grand bien m'en a pris parce que j'ai dévoré ce bouquin (de quasi 450 pages quand même) et j'y ai retrouvé mon âme d'enfant.
Point de Fantasy pour une fois, c'est un récit à l'ancienne avec des énigmes, des livres, une chasse au trésor ,de l'amitié et des méchants badass.
On pourrait presque penser au Club des Cinq mais en plus moderne.
Et c'est juste un régal.

Alors reprenons. Emily et Matthew ont des parents un peu étranges qui ont décidé qu'ils habiteraient dans chacun des cinquante états américains au cours de leur vie. Ce n'est pas toujours facile pour Emily qui n'a jamais le temps de se faire des amis ou de participer à une activité. Un déménagement tous les ans, ça rend la vie "différente". Bien sûr, elle a "vu du pays" et ce sont toujours des expériences enrichissantes, mais pour une jeune ado ça devient difficile. Cette fois c'est le tour de la Californie et ils emménagent à San Francisco. San Francisco ! Ça tombe bien pour Emily, fan de Book Scavenger, car cette ville en est le cœur. Book Scavenger, c'est une chasse au livre au niveau mondial. Un site internet, des niveaux à grimper en fonction du nombre de livres trouvés et relâchés, des énigmes pour trouver des livres cachés et des points gagnés qui permettent de progresser. 
Son créateur Garrisson Grisworld habite SF et il est justement sur le point de lancer un nouveau jeu que tout le monde attend avec impatience! Emily la première. 
Mais voilà, Grisworld est blessé par balle dans le métro le jour même où il devait dévoiler ce nouveau jeu. Et quand Emily passe dans cette même station de métro, son œil de "chasseuse de livres" lui permet de trouver un étrange roman caché derrière une poubelle. Serait-ce Grisworld lui-même qui l'aura caché là avant de se faire agresser ? A t'il un rapport avec ce fameux nouveau jeu ?
Et puis, quelque chose d'étrange va arriver à Emily: elle va se faire un ami. Pour la première fois de sa vie ! James, le voisin du dessus, un gars un peu étrange mais très attachant va très vite devenir son ami. Elle lui apprend à chasser les livres, il lui apprend la cryptographie et à eux deux ils deviennent des chasseurs de livres hors pairs !
Alors ils vont s'attacher à ce mystérieux livre trouvé dans le métro. Le scarabée d'or d'Edgar Alan Poe et ils ne vont pas être au bout de leurs surprises.

Ce roman jeunesse, à l'ancienne mode donc, est extrêmement bien fait. Beaucoup de choses s'y mêlent. Le mystère et l’aventure bien sûr. La cryptographie et sa résolution qui titille tout un chacun. Mais c'est aussi un hommage à la lecture, au plaisir de lire, de découvrir des auteurs. Un hommage à Poe surtout, et par dessus tout un hommage à San Francisco, une ville que je connais bien et que j'ai eu un énorme plaisir à re-visiter avec Emily et James. On sent un amour profond de l'auteur pour tous les points énumérés précédemment, elle a plaisir à faire découvrir ses passions au lecteur qui la suit avec un immense plaisir.
Mais ce n'est pas tout, Chasseurs de livres est aussi une ode à l'amitié et aux relations frère-sœur. On suit les jeunes héros avec beaucoup de plaisir. Ils sont très attachants et très réalistes. Des supers mômes qu'on aimerait rencontrer. (Et puis des mômes passionnés par la lecture, ça fait chaud au cœur non ?)

Bref, ce roman d'aventure et d’énigmes, ode à la lecture est drôlement savoureux. Je comprends tout le bien que j'avais lu à son sujet. Je me suis régalée moi aussi et je n'ai aucune hésitation à vous le conseiller. A partir de 10 ans si bon lecteur et jusqu'à 110 ans !!




mercredi 12 avril 2017

Les éditions Caïman ont besoin de vous !






Nous relayons ici leur message:




Bonjour à tous,


Un peu plus d'un an après le sauvetage des éditions (suite à l'affaire de l'effondrement de notre ancien distributeur) les comptes sont à l'équilibre ou presque. Nous sommes toujours à la traîne pour les droits d'auteurs, notamment. Bref, on est un peu comme le caïman sur la branche.



On a compté sur pas mas mal de projets qui semblaient plutôt bien partis, type adaptation ciné ou poche, mais nous ne voyons rien venir.
On relance donc une opé levée de fond sur Ulule.
De deux choses l'une :
Ou ça marche et on a les moyens de redémarrer sérieusement et de payer tout le monde rapidement.
Ou ça ne marche pas... Dans ce cas (il n'y a pas péril en la demeure) on commencera à envisager une "cessation progressive d'activité", je n'ai pas l'intention de passer mon temps à chercher de l'argent, je n'avais pas monté cette maison pour ça.



Je préfère anticiper pour que les choses se fassent correctement et que les projets en cours (des parutions prévues jusqu'à mi-2018) arrivent à leur terme. En gros, si on ne redresse pas la barre, fin 2018 on arrête tout avec des comptes à l'équilibre.



Mais on n'en est pas là !
 

Voilà, tout ça c'est pour vous informer.
Pour celles et ceux qui comptent lire l'info complète, voire la relayer, le lien est ici https://fr.ulule.com/editions-caiman/





Leur site

La campagne Ulule

mardi 11 avril 2017

UN PALAIS D’ÉPINES ET DE ROSES de Sarah J.Maas






Editions La Martinière Jeunesse
Sortie le 09 février 2017
18.90 euros
528 pages


En chassant dans les bois enneigés, Feyre voulait seulement nourrir sa famille. Mais elle a commis l'irréparable en tuant un Fae, et la voici emmenée de force à Prythian, royaume des immortels.
Là-bas, pourtant, sa prison est un palais magnifique et son geôlier n'a rien d'un monstre. Tamlin, un Grand Seigneur Fae, la traite comme une princesse.
Et quel est ce mal qui ronge le royaume et risque de s'étendre à celui des mortels ?
A l'évidence, Feyre n'est pas une simple prisonnière. Mais comment une jeune humaine d'origine aussi modeste pourrait-elle venir en aide à de si puissants seigneurs ?
Sa liberté, en tout cas, semble être à ce prix.


L'avis de Phooka:



**ATTENTION: Avis de canicule annoncée. Chaleur torride en vue**


Alors voilà, comme vous le savez sans doute si vous suivez ce blog, je ne suis pas spécialement fan de romance fantasy ou fantasy romance, je ne sais pas comment ça s'appelle. Le genre m'ennuie généralement avec une tendance à peu de renouvellement. Mais il existe quelques exceptions et Sarah J. Maas en fait partie. Sa série Kéléana* m'a enchantée et je regrette toujours qu'elle n'ait pas été traduite en entier. Alors quand cette nouvelle série a fait son apparition, je me suis jetée dessus.

Sarah J. Maas créé des héroïnes hors du commun. Des "vraies" femmes avec leurs forces et leurs faiblesses. Elles n'en fait pas des idiotes évaporées, bien au contraire, ce sont des battantes sans être non plus des combattantes. Et Feyre en est un nouvel exemple. Feyre, c'est une jeune fille, venant d'une famille autrefois riche. Sa mère est morte quand elle avait 8 ans, son père a fait de mauvais investissements et elle s'est retrouvée à vivre misérablement avec ses deux sœurs dans une vieille chaumière. Son père a baissé les bras et si Feyre ne s'était pas mise à chasser, ils seraient tous morts de faim. Alors Feyre chasse, rentre parfois bredouille, parfois non. La faim se fait souvent sentir, ses sœurs sont bonnes à rien et petit à petit, elle a appris à maîtriser son arc jusqu'à devenir relativement douée.
Mais voilà, le village se Feyre se trouve près du "mur". Mur qui sépare son monde de celui des Fae. Depuis la guerre, les deux peuples sont séparés. Les Fae ont la réputation d'être cruels et sans pitié. Les hommes les détestent et de monstrueuses légendes courent sur eux. Alors quand Feyre tue "presque par erreur" un grand loup qui s'avère être un Fae et qu'un autre Fae vient lui réclamer sa vie en échange de celle du loup. Elle accepte le marché qui consiste à suivre ce Fae dans son monde au lieu d'être exécutée sur place.

Fae va passer le mur et entrer dans le monde honnis des Fae. Mais là, au lieu d'une sordide prison elle va se retrouver dans un magnifique palais, en compagnie de Tamlin l'un des grands seigneurs Fae, le seigneur de la Cour du Printemps.

Alors oui, on pense immédiatement à la Belle et la bête et le début du roman en est clairement inspiré, un réel hommage. Mais ce n'est que le début de l'histoire, la mise en bouche. Car dans le monde des Fae rien ne va plus. Intrigues politiques et malédictions se confondent. Des "choses" se trament et Feyre est curieuse d'en savoir plus. Sauf qu'on la maintient dans l'ignorance, ce qu'elle ne supporte pas. Alors elle va intriguer, elle aussi, à sa manière humaine. Tamlin semble en danger, quelque chose rode et apporte le mal. Feyre et ses maigres possibilités humaines, peut-elle l'aider ?

Tout est prenant dans ce roman. Feyre et sa fragilité, Tamlin le beau magnifique seigneur Fae, Lucien dont on ne comprend pas toujours l'attitude. Et vous ai-je parlé de Rhysand? Le seigneur de la Cour de la Nuit? Non, je ne pense pas. Rhysand ...comment dire. On se calme, j'ai des palpitations rien que d'y repenser ...

Donc je disais, tout est prenant, mais rien n'est facile. Aussi bien pour les humains que pour les Fae, mais surtout pour Feyre. Feyre qui a tué un Fae innocent sans le savoir et qui est donc "coupable" et qui va devoir en tuer d'autres. Feyre qui va devoir se battre et aller au delà de tout ce qu'on peut imaginer. Ho non, je ne l'envie pas. Physiquement et moralement elle va faire face à des épreuves quasi insurmontables et franchement on ne peut pas dire que l'auteur épargne son héroïne!

Le tout est juste génial, parfaitement dosé. Aventure, suspense, découverte, combat, sueurs froides ... ou coup de chaud. Bref, le roman se lit d'une traite et je n'ai pas pu résister à enchaîner direct sur le tome 2 en anglais, incapable d'attendre une seconde de plus. Et je peux déjà vous dire que si le tome 1 est fabuleux, le tome 2 l'est encore plus, mais je vous en reparlerai en temps et en heure car je le relirai bien sûr en français.

Bref, ce palais d'épines et de roses est une tuerie. Qu'on se le dise. Rien que d'y repenser (alors que je l'ai fini il y a une semaine, j'en ai les mains moites et le ventre noué ...Rhysand). FONCEZ !!!





Kéléana *


lundi 10 avril 2017

4ème ITV de Nathalie Dau


WOW ! Déjà 4 pages !

Les précédentes :





                                          © Romain Jacquot / Antoine Ottone


Bienvenue sur Bookenstock Nathalie !




"C'est ton tour, Nathalie ! Tu dois rédiger ta présentation !"
Et là, ça se complique.

Parce que je ne rentre jamais dans les cases.
Parce que je ne suis pas seul-e dans ma tête et que je ne sais pas qui présenter, exactement. Ni en quels termes.

Et puis il n'y a pas grand-chose d'intéressant à savoir, à mon sujet. L'essentiel est déjà sur wikipédia.
Après, ceux qui sont dans mes contacts FB savent que j'ai des chats, que je les aime fort et qu'ils me le rendent bien. Que j'ai des enfants, trois filles désormais grandes. Que je milite pour une vision plus humaine de la société, fondée sur l'amour et la solidarité et non sur les valeurs de l'argent et de l'exploitation mortifère des forces vives. Que j'habite en zone rurale, dans un petit village de l'Eure quelque peu hors du temps. Mais le temps est une notion très floue, pour moi, de toute façon. Est-ce qu'on doit calculer selon celui de la Terre, celui de Kephéda ou celui d'Eorzéa ?
Sur Terre, je suis officiellement une femme de cinquante ans reconnue adulte handicapé, souffrant au quotidien dans sa chair, et se trimbalant tellement de blessures et de traumatismes tant physiques que psychologiques qu'on peut se demander ce qu'elle fiche encore parmi vous.
Sur Kephéda, je suis tous mes personnages, et surtout Ceredawn, avec lequel j'ai pas mal de points communs (même s'il est mille fois mieux que moi). Cela fait bientôt trente ans que nous nous fréquentons (la rencontre date de juillet 1987).
Sur Eorzéa (univers du mmorpg Final Fantasy XIV), je suis là encore multiple, mais surtout confortable quand j'incarne Ceryan, auquel j'ai fabriqué un corps aussi proche que possible de mon image mentale. Il faut savoir que je suis non binaire, et que l'image que me renvoie mon miroir n'a rien à voir avec celle que j'ai dans la tête et le coeur. Je ne me sens ni femme ni homme, mais un mélange des deux avec une dose d'aucun des deux. C'est compliqué. Même moi je m'y perds, parfois.
Je vis en ces trois mondes, parfois en alternance, parfois en même temps. Avec un point de convergence : mon ordinateur.
Je n'ai pas de bureau. Je ne peux plus rester des heures assise plusieurs jours d'affilée, même avec une chaise ergonomique. Je vis donc assise dans mon lit, et j'ai un joli plateau pliant adapté pour supporter mon ordinateur portable (il y a même un ventilateur intégré, pour les mois d'été, et un petit tiroir dans lequel je range mes stylos, ma clef usb et quelques broutilles que je ne veux pas égarer tout en les conservant à portée de main).
Des livres, il y en a absolument partout dans la maison. Mais ceux que je conserve au plus près, dans la bibliothèque de ma chambre, ce sont mon bon vieux dictionnaire des rimes, mes mangas yaoi et mon énorme pile à lire. Et puis il y a une étagère spéciale pour Estelle Faye, que j'adore en tant qu'auteur et en tant que personne, et une autre étagère spéciale pour Isabelle Wenta, que j'adore au moins autant et qui en plus partage mes délires éorzéens.

Je n'ai pas d'horaires précis. Je ne dors plus beaucoup à cause de la maladie, et surtout pas la nuit, puisque c'est la nuit que je suis le plus en forme. La plupart du temps, je dors quand j'ai sommeil, je mange quand j'ai faim (plus beaucoup, là encore), j'écris quand mon cerveau est en état de le faire (ce qui a ralenti ma production, j'en ai bien conscience), je lis, je regarde des séries, je joue...

Et j'attends.

Enfermé-e dans mon corps, dans ma maison, dans mon village, dans mon département (le règlement de la Sécurité Sociale quand on est en arrêt maladie même de très longue durée : si je veux sortir de l'Eure, je dois demander la permission au minimum 15 jours à l'avance, avec un papier tamponné par mon médecin), j'attends tout ce qui me permet de me sentir un peu plus libre, un peu moins en souffrance. Des mots gentils, un peu d'amour, la certitude de compter pour celles et ceux qui comptent pour moi. La venue de l'inspiration, d'une journée de rémission (mais ça fait bien longtemps que je n'y ai plus eu droit). Le retour de mon mari quand vient le soir. Les réponses aux messages que j'envoie, aux livres que j'écris comme autant de bouteilles que l'on jette à la mer... et qui parfois se brisent sur des rochers cruels.

J'attends le jour où j'aurai le droit de me reposer enfin, après toutes ces années de bons et loyaux services.
Même si, parfois, il y a des rencontres qui électrisent et donnent envie de se battre pour durer plus longtemps.

On dit qu'en avril, il ne faut pas se découvrir d'un fil...

Mais moi, je n'ai jamais eu peur de me mettre à nu, alors vous pouvez poser toutes les questions que vous voulez, je ferai de mon mieux pour y répondre honnêtement.



Et pour ceusses qui ne connaissent pas Ceryan, le voici :













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Olivier :


Bonjour Nathalie,



Au Salon Imaj'nère d'Angers de ce week end, j'ai eu l'occasion de rencontrer un de mes auteurs fétiches en la personne de Thomas Geha et en parlant de ces différents ouvrages, il a évoqué une Anthologie qui lui est chère et une auteure qui fait son admiration dans l'Anthologie "Lancelot"....une certaine Nathalie Dau.... Pour lui ta nouvelle "Le Donjon Noir" est tout simplement la nouvelle absolue. Et me voilà achetant avec fureur l'Anthologie ci-dessus nommée et de dévorer "Le Donjon Noir"... Je confirme que c'est un bijou, as-tu éprouvé un vrai plaisir à te plonger dans le côté obscur d'Arthur, Guenièvre et Lancelot comme de la Table Ronde ? Commets-tu de nombreux autres textes dans des Anthologies de ce genre ? Qu'est ce qui t'a poussé à adhérer à ce projet ? Quelles sont tes motivations à le faire ? dans quel registre ? et ces nouvelles éparses sont-elles des prémices à tes propres ouvrages ? Je pars une semaine au Tyrol et prends soigneusement les deux premiers tomes de cette série si prometteuse ... à très vite.


Nathalie :
Recoucou, Olivier, et ravi-e que tu aies passé d'agréables moments à ImaJ'nère. Je suis très honoré-e aussi d'apprendre ce que Thomas Geha pense de ma nouvelle "Le Donjon noir" (il ne m'en avait rien dit, le fourbe, pas même lors de ma dédicace à Rennes chez Critic !)
Des nouvelles en anthologies, oui, j'en compte pas mal à mon actif. Mais je dois avoir un instinct de chien de berger car je tente toujours de les rassembler en troupeau, ensuite, pour former des recueils. D'ailleurs, au cours des dernières années, j'ai laissé quelques petites coquines vagabonder à l'écart de mes pâtures, il va falloir que je les rapatrie.
Puisque tu abordes le sujet, je peux d'ailleurs annoncer la parution, cet été, d'une anthologie sur le thème de Brocéliande, dont je n'ai pas encore officiellement le droit de parler, mais je peux quand même préciser que mon texte a été livré, validé, et est prêt à être imprimé.

Je suis féru-e de mythologie, je crois l'avoir déjà mentionné. Parmi tous les corpus sur lesquels je me suis penché-e au cours de ma vie d'autodidacte, j'avoue une affinité particulière avec celui qui nous provient des Celtes. J'ai lu un jour, sous la plume de je ne sais plus quel érudit, que les Celtes rêvaient leur histoire tandis que les Romains historicisaient leurs mythes. Eh bien je ressens cela, profondément. Il y a, dans les légendes celtiques, une dimension onirique et magique à laquelle je suis très sensible, et qui entre en résonnance avec ma propre approche poétique et symbolique du monde. Bien évidemment, ce ne sont pas les textes les plus tardifs, empreints de morale chrétienne, qui me parlent, mais ceux qui préservent au plus près, dans les limites autorisées par l'époque de la transcription, l'ancien esprit païen. Je me considère comme païen-ne mais davantage d'un point de vue philosophique que religieux, car je n'ai pas de pratique, pas de cercle - même si, pour mon troisième mariage, j'ai sacrifié à un rituel peu orthodoxe improvisé par l'officiant : un ami conteur qui partage mon amour des arbres.

Bref, les mythes celtes, oui, c'est l'une de mes passions. Je me sens particulièrement en harmonie avec le corpus gallois, et j'en ai tiré pléthore d'histoires. Mon texte "Le Donjon noir" s'en nourrit, tout en le mélangeant au corpus armoricain, davantage christianisé. Et j'assume parfaitement que mes lointains souvenirs, encore émerveillés, de "L'Enchanteur" de Barjavel ont aussi eu une influence sur la tonalité de cette nouvelle.
En 2018, les Moutons électriques ont prévu de publier, dans leur collection petit format, mon roman celtique paru en 2008 chez Argemmios et désormais épuisé. Il reparaîtra sous le titre "Le Chaudron brisé" et aura fait l'objet d'une révision stylistique afin de le tirer un peu plus vers le haut, à la demande de l'éditeur.

J'ai également une autre nouvelle celtique, "Owein", qui figurait au sommaire de l'anthologie "De Brocéliande en Avalon" dirigée par Lucie Chenu et parue chez Terre de Brume. On peut retrouver cette nouvelle, en compagnie de cinq autres (dont "Dans trois jours nous nous retrouverons", très irlandaise, avec banshee et femme-cygne) et de mon premier roman, dans mon recueil "Tangram", préfacé par Ayerdhal, aux éditions Black Coat Press, collection Rivière Blanche (et chez Lune Ecarlate pour la version numérique).
En outre, dans les Contes Myalgiques (également épuisés suite à la fermeture des éditions Griffe d'Encre, mais dont j'ai conservé quelques exemplaires), j'avais plusieurs textes puisant également à ces sources, notamment "Aénor", une légende "à la mode de Bretagne" que j'ai totalement inventée. Et mon roman mosaïque "En revenir aux fées" (éd. Mythologica, épuisé lui aussi), dans lequel "Le Donjon noir" a d'ailleurs été intégré, est également largement sous la même influence, même si je pense avoir pratiqué intuitivement un certain syncrétisme pour bâtir mon propre corpus, en puisant également à d'autres sources. A moins qu'il ne s'agisse, là encore, de ma vieille démarche visant à renouer avec le tronc commun, les archétypes premiers, pour chercher ce qui transcende les différences et souligne la vanité des clivages ? Je ne le sais pas trop. Ce n'est pas forcément conscient, chez moi, sur le coup.
Toujours dans la veine du "seul, c'est moins fun", j'ai par ailleurs dirigé en 2003, pour les éditions Nestiveqnen, l'anthologie "L'Esprit des Bardes", dans laquelle j'avais invité les auteurs à se nourrir de mythes celtiques non arthuriens (parce qu'en France, on connaît bien le roi Arthur et les chevaliers de la table ronde, mais il y a tellement plus dans la mythologie celte !) Et même après toutes ces années, je suis drôlement fier-e du sommaire que j'avais composé. Certains de ces auteurs ont fait une très belle carrière, depuis, d'autres n'ont pas poursuivi malgré le talent dont ils avaient fait montre, mais ce n'est pas grave. L'important est que cette anthologie existe (ou a existé, on ne doit plus la trouver facilement, elle non plus) et a permis à pas mal de lecteurs de découvrir des personnages comme Cuchulainn, Blodeuwedd, Lug et Balor, Pryderi, Macha, le suner-gwad et tant d'autres. Autour de jeux, de transpositions, de détournements, d'ajouts, mais toujours avec ce souffle, cette poésie que dispense Kerridwen, la Blanche Déesse de l'inspiration.

Enfin, à la question sur les prémices, je répondrai que ça arrive. "Le Chaudron brisé" a d'abord existé sous forme de longue nouvelle dans une anthologie parue en 2000 au Fleuve Noir. "En revenir aux fées" est né suite à l'écriture de la nouvelle "Follette" que j'ai offerte à la librairie toulousaine Bédéciné pour son anniversaire (et parce que Cathy Martin est une femme formidable que j'aime beaucoup et que je vois trop peu). Mais l'inverse est vrai aussi, puisque j'ai déjà écrit et publié en anthologie (et en revue) quelques nouvelles tirées de l'univers du cycle "Le Livre de l'Enigme", nouvelles qui vont rejoindre le troupeau... enfin, le recueil "Fragments de l'Âge Ancien".

La motivation ? Tout simplement la rencontre entre un thème et une plume. J'ai déjà décliné des invitations parce que le thème ne me parlait pas, du moins pas à ce moment-là. C'est comme pour tout, ou presque, dans ma vie : j'y vais à l'instinct, je n'aime pas forcer. Si ça ne coule pas de source, je n'insiste pas. Et si vous en déduisez que je ne sais pas m'imposer, que je fuis si je me sens mal accueilli-e, tandis que je m'épanouis dans des atmosphères favorables, eh bien... c'est vrai ! :-)



Bouchon des bois :

Bonjour Nathalie 
J'arrive une fois ce "mois de" bien entamé, et prends enfin le temps de découvrir ta présentation...
Oh, que je comprends mieux ton talent pour faire naître les émotions les plus diverses en nous ! Quelle sensibilité se dégage de ces lignes ! 
Alors, ma première question... Même si j'ai une bonne idée de ta réponse : vais-je autant souffrir avec Bois d'ombre qu'avec Source des tempêtes ? Gare à toi, car je compte le commencer dans le train...


Merci pour tout ! 


Nathalie :

Coucou Bouchon des Bois, et merci pour tes mots :-)

Ma réponse à ta question va sans doute être la plus courte de celles que j'ai faites jusqu'à présent : non, tu ne vas pas souffir autant. Tu vas souffrir bien davantage ! (Enfin, si tu as de la tendresse pour ces personnages, bien évidemment).
Mais n'oublie pas que les ténèbres ont un coeur de lumière, et que cette lumière-là, j'en préserve l'éclat. ;-)




May :

Bonjour Nathalie,
J'ai fini Source des Tempêtes hier. J'ai été emportée, chamboulée, déchirée, mais j'ai adoré ma lecture, vraiment ! Tout cela parce que je me suis énormément attachée aux personnages (et à Cerdric autant qu'à Ceredawn, ce qui ne semble pas toujours être le cas) Ma première question va d'ailleurs être au sujet de Cerdric et sur votre choix d'en faire le personnage principal du premier tome. J'ai trouvé cela osé de donner tant de place à cet anti-héro et de s'attarder sur tout le pathos de son histoire. Surtout que, au final, c'est Ceredawn qui semble le plus important dans l'histoire et dans votre cœur. Alors pourquoi avoir choisi de mettre en avant les mémoires de Cerdric ? (Mais ne vous méprenez pas, de mon côté j'ai vraiment adoré suivre tous les détails de la vie de Cerdric, j'ai adoré ses défauts et j'ai énormément souffert avec lui. Comme vous l'expliquez si bien en réponse à la question d'Aurélie, il est terriblement en manque d'amour et c'est ce qui a fait que je me suis énormément attaché à lui.)
J'avais de nombreuses questions en tête, de nombreux "pourquoi ?" mais votre présentation m'a vraiment permis de vous connaître et de comprendre beaucoup de choses.
Bref, je crois que je vous adore ! même si je ne suis pas très sûre de survivre à la suite du parcours de Cerdric et Ceredawn hihi
Merci pour tout ! 

Nathalie :

Bonjour May, et merci pour l'émotion qui transparaît dans votre message.

Quand j'ai commencé à "recevoir" cette histoire, les premiers éléments qui m'ont été donnés correspondaient à ce qui va se produire dans le tome 4. J'avais donc entrepris de raconter à partir de là, et quand j'essayais d'expliquer le pourquoi du comment, je devais procéder par flashback ou analepse. Il y en avait trop, on s'y perdait totalement. D'autant que l'univers est plutôt riche et qu'il fallait aussi en expliciter les particularités.
Donc, sur les conseils de Marion Mazauric, que je ne remercierai jamais assez pour ça, j'ai remonté le temps et la chaîne des causalités, pour chaque fait, chaque action, chaque personnage. Et le fleuve narratif dans lequel je nageais s'abreuvait à de nombreux ruisseaux, certains provenant de montagnes fort éloignées les unes des autres. Comment concilier tout ça ? Par quel bout prendre cette histoire ? Comment présenter les particularités sans noyer le lecteur dans un flot de savoir encyclopédique ?


Et j'ai fini par trouver : il fallait commencer par Cerdric. Parce qu'il est Réfractaire, donc étranger à la magie, et que ses questionnements sont légitimes. Ainsi, on pouvait apprendre avec lui, en douceur, petit à petit, découvrir par ses yeux, même si ses perceptions sont quelque peu biaisées.
Cerdric m'a permis d'instiller le sentiment de la familiarité, de mettre également en scène le contexte du monde des hommes, et d'amener par petites touches tout ce qui lui est étranger, tout ce qui s'est réfugié dans les forêts sauvages et que les gens, aussi bien les Kephédans que beaucoup de Terriens, ne veulent pas voir. Ils ne veulent pas non plus y croire, ils veulent que tout cela disparaisse voire n'ait jamais existé, mais Cerdric, tout comme les lecteurs, a tout de même cette curiosité, cette appétence pour la magie qu'il ne peut pratiquer lui-même. Ainsi, il entre chez les fées alourdi par les préjugés imputables à son éducation, et s'il n'en ressort pas lavé de tout, il a tout de même allégé ses épaules d'un grand poids. "Les ténèbres ont un coeur de lumière". Il a vu cette lumière et, même s'il ne la comprend pas, il l'aime. Dorénavant, il articulera sa vie autour d'elle - et c'est un peu ce que j'ai fait.
C'était important aussi, pour moi, de présenter Ceredawn au travers des yeux de quelqu'un qui l'aime d'emblée, s'émerveille et s'engage à le protéger. Car ce ne sera pas, par la suite, la réaction que produira le plus souvent le semi-rive. Certains l'aimeront, mais beaucoup le détesteront. Ce que les uns admirent et convoitent, les autres le rejetent violemment voire cherchent à le détruire. Il ne laisse pas indifférent, c'est le moins qu'on puisse dire. Mais il n'appartient pas au registre de l'absolu, de l'universel. Il n'a pas ce charisme ravageur qui séduit instantanément les foules. Parce que je pense que la perception que chacun a d'autrui est subjective, et que les concepts de Beau, de Bon, de Mal, de Laid restent au-delà de nos limites. Je n'ai pas beaucoup étudié la philosophie et je serais incapable de dire si je me rapproche d'une école ou d'une autre, mais le mythe de la caverne développé par Platon m'est resté dans la tête et me parle beaucoup. C'est aussi lui, dans "le Banquet", qui amorce la théorie des âmes soeurs. Et même si je ne l'exprime pas de la même façon, puisque mes personnages ne sont pas obsédés par la quête du double, cela nous fait quand même deux points en commun.


Bref. Découvrir Ceredawn par les yeux de Cerdric, cela pouvait permettre de l'aimer, ou au moins d'être intrigué par lui. Et de mieux comprendre, ensuite, toute la violence que représentent le rejet, le racisme, l'abaissement de l'autre au simple rôle d'objet utilitaire...
Nous sommes tous des êtres sensibles, peu importe notre enveloppe corporelle.




Paikanne :

Nathalie, vous êtes renseignée sur la liste des auteurs présents à Trolls et Légendes : quel(s) jour(s) précisément serez-vous présente ?

Nathalie :


Je serai présente le samedi après-midi et le dimanche toute la journée, sur le stand des Indés de l'Imaginaire. :-)




L'identité ou le genre est une question qui vous touche personnellement
vous posez vous parfois la question pour vos personnages ou cela est-il évident dès le départ (je n'ose dire la conception) ? 



Nathalie :


Bonjour XL,
Avant de prendre la plume (ou le clavier), j'interroge longuement mes personnages. Et je ne rédige qu'une fois que je sais précisément qui ils sont. Certains sont des hommes, certains sont des femmes, certains sont les deux, ou ni l'un ni l'autre, certains s'interrogent sur ce qu'ils sont, se cherchent et se découvrent. Je les accompagne, je ne décide pas pour eux. J'essaie de les comprendre, mieux que ne le font parfois leurs proches et la société au sein de laquelle ils évoluent. Je raconte ce qu'il y a à raconter. Parfois, ça tourne effectivemment autour de l'identité, du genre... et parfois, ce point est secondaire.
Il y a ceux dans lesquels je me projette, aussi, dans mes nouvelles et autres écrits (que je rassemble, pour moi-même, sous l'appelation "encres de ce monde", et que je sépare de tout ce qui concerne mes mages bleus). Forcément, ces reflets de moi-même partagent tout ou partie de mes préoccupations, de mes questionnements. Mais en ce cas, c'est délibéré. Et à travers eux, c'est un peu ma propre identité que j'explore et interroge.
Cela peut sembler égoïste, narcissique... et c'est certainement catharsique. Mais quand je mets en scène, comme je l'ai fait notamment dans les Contes Myalgiques, l'une ou l'autre des diverses souffrances physiques et morales qu'un humain peut rencontrer au cours de sa vie, je crois surtout que je donne la parole à des gens qui se sentaient enfermés dans le silence, dans le sentiment d'être seuls et incompris. J'ai reçu trop de témoignages en ce sens pour en douter. On m'a remercié-e d'avoir mis des mots sur des vécus qui n'étaient pas le mien tout en partageant avec le mien une certaine proximité. On m'a dit que maintenant, pour expliquer à son entourage ce qu'on traversait, on allait pouvoir faire lire tel ou tel texte dont j'étais l'auteur, et que c'était libérateur. Alors voilà. S'il y a une seule chose qui justifie le temps que j'y passe et l'existence de ma plume, c'est celle-là.






Je suis arrivée à la moitié de Source des tempêtes et je suis complètement immergée dans l'histoire. Je rejoins d'ailleurs l'avis de beaucoup d'autre : c'est une lecture exigeante qui emporte son lecture, difficile de ne lire que quelques pages à la fois. On a juste envie de se laisser envahir par ce récit... bref pour le moment je suis conquise. Avant de reprendre ma lecture, j'aurais d'ailleurs une question : existe-t-il une carte du monde de Cerdric et Ceredawn ? J'avoue je suis très visuel comme lectrice et toujours curieuse de découvrir un nouveau à travers une carte ;) 






Nathalie :




Merci pour ces mots.
Il existe effectivement une carte de l'ensemble des Terres Connues : c'est une grande feuille Canson au format A3 que j'ai dessinée voici tellement d'années que je ne m'en souviens plus. J'ai des dessins sur papier calque, aussi, à une plua large échelle, centrés sur les parties dans lesquelles l'intrigue prend place, parce que j'avais besoin de mieux visualiser et surtout de calculer la durée du déplacement en fonction du mode de transport, de la distance et du type de terrain. Mais ce sont des outils de travail, rien de tout cela n'est montrable en l'état. Seule la carte du continent Cestre a été finalisée par Mathieu Coudray d'après mes vieux dessins. Elle figure dans Source des Tempêtes, mais j'ai conscience que le format la rend difficile à lire, alors je vous la fournis en pièce jointe, pour que vous puissiez zoomer si besoin. Tout n'y figure pas, mais ça devrait vous aider à vous repérer.














Merci pour toutes ces réponses détaillées et le temps que tu nous accordes ! :)
Je continue à déguster Bois d'ombre et j'avoue vivre une expérience de lecture très différente d'avec Source des Tempêtes : là où les malheurs de Cerdric m'attendrissaient et me poussaient à continuer, ceux de Ceredawn me serrent le coeur et me poussent à faire des pauses. Pourtant, la troisième personne du point de vue de Ceredawn nous "préserve" un peu de sa douleur. 
Comment vis tu les souffrances que tu imposes à tes personnages ? Comment fais tu pour jongler avec la troisième et la première personne pour les retranscrire ? Et pourquoi ce choix de narration ?
À très bientôt :)





Nathalie :







Bonjour Allison,


Tu ne l'as pas relevé, mais j'utilise aussi, ce qui n'est pas des plus fréquent, la narration à la seconde personne. Et c'est avec elle que je nous fais entrer dans la tête des personnages, bien davantage qu'avec une narration à la première personne qui leur laisse tout loisir de nous baratiner ou de fausser notre ressenti via les biais de leur propre interprétation pas toujours consciente. Les mémoires de Cerdric en sont un bon exemple : malgré toute sa volonté de se montrer honnête, de retranscrire fidèlement les faits, il ne peut s'empêcher de les entacher de partialité. C'est flagrant dans ce qu'il transmet au sujet de sa mère, Nérasia.
La narration à la seconde personne, elle, nous place dans la situation de l'observateur impliqué. Parfois, le narrateur est effectivement un personnage en train d'en observer un autre et s'adressant à lui dans sa tête, exprimant ce qu'il ne peut ou ne veut pas dire directement (Arvrylith et Isgarinn, personnages introvertis, pratiquent de la sorte). Mais souvent, en tout cas dans le cas de Ceredawn lors des passages les plus dramatiques, c'est un phénomène de distanciation immédiate que j'ai déjà expérimenté et que j'ai tenté de rendre ainsi. L'esprit reste conscient de ce que le corps subit, mais il fuit et se suspend ailleurs, en aplomb, du côté de la clef de voûte, pour ne pas tout encaisser de plein fouet - sinon, ce serait trop destructeur. Alors est-ce cet esprit qui s'adresse à la pauvre enveloppe de chair ? Est-ce l'un des mages défunts qui assiste, impuissant, à ce que subit sa réincarnation ? Est-ce Lydidane qui parle à son ancêtre par-delà le voile du temps, et lui manifeste ainsi son empathie ? Est-ce moi qui souffre avec, au moment où j'écris, totalement hanté-e par l'action et surtout l'émotion (oui, il m'arrive de pleurer en écrivant certaines scènes) ? Est-ce l'Equilibre qui exprime, par ce biais, qu'il est conscient de ce que vit son servant ? Est-ce une variante du coryphée du théâtre grec antique, qui dirigeait le choeur tout en dialoguant parfois avec le protagoniste ? Sans doute un peu de tout cela.
La narration à la troisième personne désimplique un peu plus, tout en donnant une vision plus globale.
Je ne réfléchis pas vraiment, j'opère à l'instinct. Je visualise mes scènes, donc je suis un peu comme un réalisateur doublé d'un monteur qui jongle avec différentes caméras et différents plans. Parfois, j'écris une scène d'un certain point de vue, et elle ne fonctionne pas, alors je déplace ma caméra, ou j'alterne les plans, et là ça marche. Du moins, j'ai le sentiment que ça marche. Après, je teste auprès de mon mari, qui est mon alpha lecteur. Il ne lit pas, c'est moi qui lui lis à voix haute. La fameuse épreuve du gueuloir chère à Flaubert. C'est à ce stade, d'ailleurs, que je repère les répétitions, les maladresses rythmiques et phonétiques. J'écris pour transcrire les images et les musiques qui sont en moi, alors je peins et je compose avec mes mots. Je sculpte, aussi, je cisèle. J'invoque les parfums, les saveurs, les jeux de lumière, la température et le degré d'humidité. Tous mes sens participent de l'acte d'écrire. Je ne cherche pas uniquement à montrer, je cherche à faire vivre. Les mots ne sont qu'un vecteur, le seul dont je dispose pour transmettre cette autre réalité que je perçois et tente de partager.
Je ne fais pas de théorie, je n'applique pas de techniques, je n'ai même pas fait d'études de lettres et souvent je suis bien embarrassé-e quand on me sort les mots savants qui servent à analyser le travail des auteurs. J'ai pourtant animé des ateliers d'écriture, mais uniquement pour démythifier l'imagination et fournir des amorces créatives tout en sensibilisant au fait que le lecteur n'est pas médium, qu'il n'est pas en connexion directe avec l'esprit de l'auteur, et qu'il faut donc lui donner le juste équilibre, en matière d'information, entre l'ellipse et le superflu.


(Bon je pense qu'après ça on va ouvrir un tome 5  ITV5)